Économie
Le gouvernement face à la fronde sur les prix des carburants
L’exécutif rejette les accusations de bénéfices sur la crise et écarte toute baisse des taxes, face aux pressions de l’opposition pour soulager les automobilistes.
La remontée des prix à la pompe, dans le sillage des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a remis la question énergétique au cœur du débat parlementaire. L’opposition, du Rassemblement national à La France insoumise, a interpellé le gouvernement pour qu’il prenne des mesures afin d’enrayer la tendance. Les critiques se sont concentrées sur le niveau de la fiscalité, présentée comme le principal facteur d’alourdissement de la facture.
En réponse, le ministère de l’Économie a fermement défendu sa position. Il a réfuté l’idée selon laquelle l’État serait le premier bénéficiaire de la hausse. Les services du ministre Roland Lescure ont rappelé que la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, composante majeure de la fiscalité sur les carburants, est un montant fixe par litre et non un pourcentage du prix. Son produit n’augmente donc pas mécaniquement avec la remontée des cours.
La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a jugé irréaliste toute proposition de réduction significative de la TVA ou de cette taxe spécifique. Une telle mesure, a-t-elle souligné, priverait les finances publiques de recettes estimées à près de vingt milliards d’euros, creusant dangereusement le déficit budgétaire.
Parallèlement, le gouvernement a convoqué les représentants de la distribution pour les exhorter à la retenue. Lors d’une réunion jeudi, le ministre de l’Économie a appelé l’ensemble de la filière à la solidarité et à la responsabilité, afin d’éviter toute répercussion excessive des coûts sur le consommateur final. Les professionnels présents ont assuré de leur mobilisation, tout en reconnaissant que la hausse du baril de brut se traduisait rapidement sur les tarifs, particulièrement pour le gazole.
Cette séquence rappelle la sensibilité permanente du sujet, depuis la crise de 2022. Alors que le litre de carburant sans plomb affiche une augmentation de quelques centimes, l’exécutif mise sur la pédagogie pour expliquer la structure du prix et écarte, pour l’instant, toute intervention fiscale directe.
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