Économie
Le détroit d’Ormuz, une artère maritime paralysée
Le trafic commercial dans ce passage stratégique s’est effondré depuis le début des hostilités, avec une circulation résiduelle dominée par des navires iraniens et quelques pavillons étrangers.
Le flux maritime dans le détroit d’Ormuz est aujourd’hui réduit à sa plus simple expression. Seule une poignée de cargos et de pétroliers, principalement de nationalité iranienne, parvient à emprunter cette voie navigable désormais contrôlée par les forces de Téhéran. Les données recueillies depuis le déclenchement des opérations militaires illustrent un quasi-arrêt des échanges dans ce corridor essentiel pour les hydrocarbures.
Le volume du trafic a chuté de manière spectaculaire, atteignant une baisse de 95 pour cent par rapport à une situation normale. Sur les trois premières semaines de mars, seulement 116 traversées ont été enregistrées. Parmi elles, 71 concernaient des pétroliers, dont une majorité était chargée et naviguait en direction de l’est. Les observateurs notent que la circulation résiduelle est principalement le fait de navires-citernes, de méthaniers et de quelques porte-conteneurs.
L’analyse des pavillons révèle une prédominance iranienne écrasante. Les bâtiments grecs et chinois représentent respectivement environ 18 et 10 pour cent des mouvements récents. Une part significative des navires encore en transit fait par ailleurs l’objet de sanctions internationales, américaines, européennes ou britanniques. Plus de la moitié des pétroliers et méthaniers recensés appartiennent à cette catégorie.
Les cargaisons de pétrole qui transitent encore sont presque exclusivement d’origine iranienne et semblent majoritairement destinées au marché asiatique, en particulier à la Chine. Les volumes exportés sont estimés à environ 1,3 million de barils par jour, une fraction du flux habituel pour ce détroit qui acheminait en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.
Certains gouvernements mènent des discussions directes avec Téhéran pour faciliter le passage de leurs navires. Des bâtiments indiens et pakistanais, notamment, emprunteraient des routes côtières spécifiques, avec l’accord implicite des autorités iraniennes. Un couloir de navigation près de l’île de Larak, où des inspections seraient effectuées, aurait été identifié comme étant utilisé par au moins neuf navires. Malgré ces arrangements ponctuels, la situation globale reste celle d’un blocus effectif, avec un trafic maritime largement à l’arrêt.
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