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Économie

Le détroit d’Ormuz officiellement déclaré zone de guerre maritime

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Cette décision, prise par les représentants internationaux du secteur, confère des droits inédits aux équipages civils pris au piège dans le Golfe. Elle intervient dans un contexte de paralysie quasi totale du trafic et de multiplication des incidents.

Le détroit d’Ormuz, ainsi que les eaux adjacentes du Golfe et du Golfe d’Oman, ont été reclassifiés jeudi en zone d’opérations de guerre. Cette désignation, la plus élevée en droit maritime, a été actée conjointement par les fédérations représentant les armateurs et les syndicats de marins du monde entier. Elle fait suite à une série d’événements ayant considérablement dégradé la sécurité dans cette artère vitale pour les hydrocarbures.

Cette mesure répond à l’ampleur des perturbations et des dangers auxquels sont exposés les équipages. Des centaines de navires marchands et de croisière se trouvent actuellement immobilisés dans la région, selon les estimations des organisations professionnelles. L’Organisation maritime internationale évalue à plusieurs dizaines de milliers le nombre de personnes, marins et passagers, concernées par ce blocage. La situation découle directement de la revendication par Téhéran d’un contrôle total sur ce détroit stratégique, après l’escalade des tensions régionales.

Le nouveau statut juridique octroie aux marins des droits renforcés. Ils peuvent désormais légalement refuser d’embarquer pour la zone et exiger d’être rapatriés aux frais de leur employeur, avec des compensations financières associées. Cependant, les acteurs du secteur soulignent les difficultés pratiques d’un tel rapatriement, l’espace aérien régional étant largement fermé. Par ailleurs, un nombre minimum de personnel est requis à bord pour assurer la sécurité fondamentale des navires, ce qui complexifie les départs.

La sécurité sur place reste extrêmement précaire. Les autorités maritimes font état de plusieurs incidents graves survenus ces derniers jours dans le détroit, impliquant des explosions et causant des victimes. Un pétrolier a encore été touché jeudi au large du Koweït. Le secrétaire général de l’OMI a qualifié ces attaques de problématique humanitaire, soulignant qu’aucune agression contre des marins ne saurait être justifiée.

Face à cette crise, le trafic commercial s’est effondré, avec une chute estimée à 90% du transit habituel. Les grands armateurs ont suspendu leurs opérations à destination du Golfe et procèdent à des déroutements massifs. La communauté internationale examine des options pour sécuriser les voies maritimes, évoquant notamment des escortes militaires. D’autres corridors, comme la mer d’Azov ou le sud de la mer Rouge, sont déjà classés en zone de guerre, témoignant d’une fragmentation croissante des routes maritimes globales.

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