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Le CIO réintroduit les tests génétiques pour les athlètes féminines

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Près de trois décennies après les avoir abandonnés, le Comité International Olympique a décidé de rétablir des critères d’éligibilité fondés sur la biologie pour les compétitions féminines, une mesure qui prendra effet à partir des Jeux de Los Angeles en 2028.

L’instance olympique a adopté une nouvelle réglementation réservant la participation aux épreuves féminines aux personnes de sexe biologique féminin et non porteuses du gène SRY. Cette décision, présentée comme un vote unanime de la commission exécutive, marque un changement de cap significatif par rapport au cadre établi en 2021, qui laissait aux fédérations internationales le soin de définir leurs propres règles. Elle concerne à la fois les sportives transgenres et une partie des athlètes intersexes.

Seules les personnes pouvant démontrer une insensibilité totale aux androgènes, c’est-à-dire une incapacité physiologique à utiliser la testostérone, seront exemptées de cette mesure. La présidente du CIO a salué une politique visant, selon elle, à garantir l’équité et l’égalité dans les compétitions. La mise en œuvre pratique de ces tests, qui ne devront être effectués qu’une seule fois dans la carrière d’une athlète, incombera aux fédérations sportives nationales et internationales.

Cette orientation n’est pas rétroactive et ne remet donc pas en cause les résultats passés, comme les médailles obtenues lors des précédents Jeux. Elle rejoint des politiques déjà appliquées depuis l’an dernier dans plusieurs disciplines, dont l’athlétisme et la boxe. Cependant, son application soulève d’importantes questions juridiques et éthiques, notamment dans les pays où les tests génétiques en dehors d’un cadre médical strict sont interdits.

La décision du CIO intervient dans un contexte où le retour de tels critères biologiques suscite des critiques vives de la part de scientifiques, d’organisations de défense des droits humains et de juristes. Ces derniers pointent l’absence de consensus scientifique sur un avantage compétitif systématique lié à des variations génétiques, ainsi que les risques de discrimination et les atteintes potentielles à la vie privée. Certains experts dénoncent une focalisation excessive sur cette question, qui occulterait selon eux des problématiques structurelles plus larges dans le sport féminin, telles que les inégalités de financement ou les écarts de rémunération.

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