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Économie

L’Asie centrale et les talibans, une normalisation sous le signe des échanges économiques

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Les républiques d’Asie centrale ont progressivement substitué leurs craintes sécuritaires initiales par une coopération économique pragmatique avec le régime afghan, ouvrant une nouvelle ère de relations diplomatiques et commerciales.

À la frontière entre l’Ouzbékistan et l’Afghanistan, la zone économique spéciale d’Airitom incarne cette évolution stratégique. Inaugurée récemment, elle compte déjà plusieurs centaines de commerces, des infrastructures médicales de pointe et attire chaque jour des milliers de visiteurs des deux côtés de la frontière. Les autorités ouzbèkes y voient un laboratoire de la normalisation avec Kaboul, où prévalent désormais les impératifs économiques sur les considérations idéologiques.

Les échanges transfrontaliers s’intensifient, facilités par des exemptions douanières et des mesures d’assouplissement visa. Des familles afghanes viennent désormais fréquemment pour effectuer des achats ou bénéficier de soins médicaux, témoignant d’une dynamique d’intégration régionale en marche. Les infrastructures, modernes et climatisées, contrastent avec les conditions environnantes et symbolisent les ambitions affichées par Tachkent.

Cette ouverture répond à des intérêts géoéconomiques majeurs. Les pays d’Asie centrale, enclavés, cherchent à se repositionner comme corridors commerciaux vers les marchés sud-asiatiques, notamment via l’Iran et le Pakistan. L’Afghanistan, de son côté, tirerait profit de cette coopération pour assurer sa sécurité alimentaire et énergétique, dans un contexte de difficultés humanitaires persistantes.

Si des défis opérationnels subsistent, comme les lourdeurs administratives ou les quotas d’exportation, les parties affichent une volonté commune de poursuivre et d’étendre ces initiatives. Des projets d’infrastructures ferroviaires et gazières sont à l’étude, tandis que d’autres zones économiques pourraient voir le jour en territoire afghan. Une relation complexe, guidée par le réalisme économique, se construit ainsi pas à pas, redéfinissant la géopolitique régionale.

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