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L’ancien sénateur Joël Guerriau face à la justice pour soumission chimique


_**Le parquet de Paris a demandé une peine de trois ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de l’ex-élu, jugé pour avoir administré une substance à la députée Sandrine Josso. La victime a décrit devant le tribunal une nuit de novembre 2023 qui a profondément altéré son existence.**_
L’audience s’est tenue les 26 et 27 janvier au tribunal judiciaire de Paris. Joël Guerriau, ancien sénateur du groupe Horizons, comparaissait pour des faits remontant à l’automne 2023. Il est accusé d’avoir, à son domicile parisien, mélangé une substance à la boisson de la députée Sandrine Josso, dans une intention présumée de commettre des actes à caractère sexuel. Les magistrats du parquet ont requis à son encontre trois ans de réclusion, assortis d’un mandat de dépôt, ainsi qu’une interdiction de cinq ans d’exercer tout mandat électif et son inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles.
Devant la cour, Sandrine Josso a relaté avec précision les événements survenus le 14 novembre. Invitée pour célébrer la réélection de son hôte, elle a consommé une coupe de champagne au goût singulier. En quelques instants, elle a éprouvé des malaises physiques intenses, évoquant des sueurs, des nausées et des palpitations. L’attitude de Joël Guerriau, multipliant les toasts et proposant un tour de magie à connotation sexuelle, a achevé de l’alarmer. Parvenue à quitter les lieux, elle a dû être hospitalisée en urgence.
La parlementaire a décrit les conséquences durables de cette soirée. Elle a fait état d’une détresse psychologique persistante, marquée par une hypervigilance, des troubles alimentaires et des douleurs physiques ayant nécessité un suivi médical pluridisciplinaire. Évoquant ses enfants, elle a confié avoir craint pour sa vie cette nuit-là. Son témoignage a également souligné le sentiment d’isolement parfois ressenti par les victimes de tels actes.
De son côté, l’ancien sénateur a présenté ses excuses à Sandrine Josso, saluant son combat contre la soumission chimique. Il a toutefois maintenu une version différente des faits. Il a expliqué avoir obtenu d’un collègue parlementaire une poudre présentée comme un « euphorisant contre l’angoisse », destinée à gérer le stress de sa campagne électorale. Affirmant ignorer la nature réelle du produit, il s’est décrit comme un « apprenti sorcier » ayant agi sans intention malveillante. Il a précisé avoir consulté un médecin pour des antidépresseurs et nié toute volonté d’agression.
Le délibéré du tribunal correctionnel est attendu dans les semaines à venir. Cette affaire, mettant en cause deux élus de la République, a mis en lumière les mécanismes et les lourdes répercussions de la soumission chimique.





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