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L’affaire Zepeda : l’ombre de deux ADN inconnus et le portrait d’un accusé dominateur
_**Le troisième procès de Nicolas Zepeda, jugé pour la disparition de Narumi Kurosaki en 2016, a rejeté une nouvelle demande d’expertise génétique. Les débats ont mis en lumière le profil psychologique d’un homme décrit comme extrêmement possessif.**_
La cour d’appel de Lyon a refusé, ce vendredi, d’ordonner de nouvelles investigations concernant deux traces d’ADN masculin non identifiées. Ces prélèvements, qualifiés de très faibles, avaient été effectués dans la chambre universitaire de la jeune femme, à Besançon. La défense de l’accusé, Nicolas Zepeda, souhaitait les comparer avec les profils génétiques d’anciens résidents du bâtiment. Le président de la cour a estimé qu’aucun élément ne permettait d’établir un lien entre ces traces et la disparition de l’étudiante japonaise, survenue dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. Une recherche antérieure dans le fichier national des empreintes génétiques était restée infructueuse.
L’avocat général a dénoncé une manœuvre dilatoire, soulignant la difficulté pratique, près de dix ans après les faits, de retrouver des personnes alors originaires de vingt-cinq pays différents. Pour l’accusation, cette demande s’inscrivait dans la stratégie de la défense, qui cherche à semer le doute dans une affaire dépourvue de corps, de preuve matérielle directe et d’aveu. Nicolas Zepeda, déjà condamné à vingt-huit ans de réclusion en première instance et en appel avant l’annulation de ce dernier verdict pour vice de forme, maintient farouchement ses dénégations.
Les audiences ont également permis d’entendre les conclusions d’une expertise psychologique réalisée en 2020. L’accusé y est décrit comme un individu narcissique, animé par un besoin de contrôle total sur autrui, en particulier sur son ex-compagne. La perte de cette emprise aurait engendré chez lui un sentiment de jalousie et de colère. Les débats ont évoqué des messages électroniques et une vidéo à caractère menaçant, envoyés par l’accusé à la victime quelques semaines avant sa disparition. Il y fixait un ultimatum exigeant qu’elle se conforme à des conditions strictes, qualifiées par l’avocate des parties civiles d’ultimatum glaçant. L’experte a parlé d’une volonté d’annihiler la personnalité de la jeune femme, relevant une possessivité et une violence psychologique marquées.
Le procès, qui doit se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine prochaine, repose sur un ensemble d’indices circonstanciels que l’accusation juge accablants. L’enjeu pour les jurés consistera à évaluer la solidité de ces éléments face aux affirmations de l’accusé et aux zones d’ombre que la défense continue de pointer.
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