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Faits Divers

L’ADN récréatif, nouvel outil pour les enquêtes judiciaires

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_**Le ministre de la Justice propose d’exploiter les bases de données génétiques privées pour élucider des dossiers criminels non résolus, une initiative qui suscite des interrogations éthiques.**_

Un projet législatif actuellement soumis au Parlement pourrait modifier en profondeur les méthodes d’investigation dans les affaires criminelles les plus complexes. L’exécutif envisage en effet d’autoriser les magistrats instructeurs et les officiers de police judiciaire à interroger des fichiers génétiques constitués à l’étranger par des sociétés commerciales. Ces entreprises proposent aux particuliers, contre rémunération, des analyses visant à retracer leurs origines ou leur arbre généalogique, une pratique interdite sur le territoire national.

Le texte, défendu par le garde des Sceaux, entend ainsi offrir aux enquêteurs un accès à plusieurs millions de profils ADN. L’objectif affiché est de permettre la comparaison de traces biologiques non identifiées, prélevées sur des scènes d’infraction, avec cette immense masse de données. Les promoteurs de cette mesure estiment qu’elle pourrait permettre des avancées significatives dans plusieurs dizaines d’affaires classées sans suite, parfois anciennes.

Le principe repose sur la généalogie génétique. Cette technique permet, à partir d’une correspondance partielle avec un profil présent dans une base de données, de remonter les liens familiaux jusqu’à identifier un individu. Les spécialistes indiquent qu’avec seulement environ un pour cent d’une population référencée, il devient théoriquement possible de localiser la quasi-totalité de ses membres. Près de deux millions de résidents français auraient déjà confié leur matériel génétique à ces organismes privés, selon certaines estimations.

Face aux préoccupations soulevées quant au respect de la vie privée et à la protection des informations personnelles, le gouvernement assure que le dispositif serait soumis à un cadre strict. Son utilisation serait réservée aux procédures concernant les crimes les plus graves et exercée sous le contrôle d’un magistrat. Les débats parlementaires devront préciser les garanties entourant cette pratique, qui pose des questions fondamentales sur l’équilibre entre les impératifs de la justice et les libertés individuelles.

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