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Économie

La solidarité vigneronne renaît des cendres audoises

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Dans les Corbières dévastées par les flammes, la profession viticole se mobilise pour sauver une saison compromise, offrant raisins et soutien à un confrère sinistré.

Laurent Bachevillier contemplait récemment ses six hectares de vignes réduits à l’état de paysage carbonisé. Syrah, grenache, carignan et mourvèdre, patiemment cultivés depuis 2010 sous l’appellation Corbières, ont été emportés par un incendie d’une rare intensité qui a parcouru seize mille hectares début août. Au milieu des vestiges calcinés, seules ses ânes ont miraculeusement échappé aux flammes.

Face à cette perte totale de récolte, une vague de générosité inattendue a submergé le viticulteur. Des confrères de la région lui ont proposé de lui céder gratuitement une partie de leur production. Une initiative solidaire qui lui permet d’envisager la vinification malgré les circonstances dramatiques.

Dès l’aube, Laurent Bachevillier s’est rendu avec un ancien apprenti dans les vignes de Marc Castan, près de Port-la-Nouvelle. En deux heures, cinq cents kilos de syrah étaient soigneusement récoltés et chargés. D’autres viticulteurs participeront à cet effort collectif pour reconstituer une partie de la production perdue.

Pour Marc Castan, cette démarche relève de l’évidence. La solidarité professionnelle et la nécessité de préserver l’identité des Corbières motivent son geste. Il considère cette contribution modeste à l’échelle individuelle, mais précieuse pour celui qui la reçoit.

De retour dans sa cave de Ribaute, là même où l’incendie s’était déclaré, Laurent Bachevillier procède maintenant à l’assemblage des raisins offerts. Il entend créer une cuvée spéciale, dans l’esprit de sa production habituelle, pour maintenir une activité malgré les difficultés.

Au-delà des vignes, son exploitation familiale comptait également des oliviers et des chênes truffiers détruits, ainsi que trois chambres d’hôtes qui complétaient les revenus agricoles. Si le gouvernement a annoncé un fonds d’urgence de huit millions d’euros pour indemniser les sinistrés, l’accès à ces aides reste incertain pour beaucoup.

Cette entraide spontanée illustre la résilience d’une profession confrontée à l’adversité, déterminée à préserver son patrimoine et sa vocation.

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