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La page russe se tourne à Kourou

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Le mythique pas de tir des fusées Soyouz en Guyane, abandonné depuis 2022, est en pleine métamorphose pour accueillir le futur lanceur européen réutilisable Maia. Un symbole fort de la recomposition du paysage spatial.

Sous le soleil équatorial de Guyane, les vestiges d’une coopération spatiale désormais révolue se fondent peu à peu dans le paysage. L’ancienne zone de lancement des fusées russes Soyouz, située au Centre spatial guyanais, est en cours de reconversion complète. Les équipes de la start-up française MaiaSpace, à qui le site a été attribué, œuvrent désormais à effacer les traces de l’ère russe pour préparer l’arrivée de leur propre lanceur.

Les lieux portent encore les stigmates d’un départ précipité. Dans les bâtiments administratifs, des affiches et des consignes de sécurité en cyrillique demeurent accrochées aux murs, tandis que du papier à en-tête aux motifs hivernaux rappelle l’origine des anciens occupants. À l’extérieur, les infrastructures massives, dont les imposants bras de maintien peints aux couleurs qui évoquent aujourd’hui un autre conflit, attendent leur démantèlement.

Le processus de transformation est engagé. Une maquette à l’échelle réelle d’une Soyouz, utilisée pour des tests techniques, est promise à la ferraille une fois sa mission achevée. Seuls certains éléments, comme les rails de transfert ou les paratonnerres, seront conservés et intégrés au nouvel écosystème. Cette démarche pragmatique, bien que suscitant une certaine nostalgie chez certains acteurs historiques du spatial guyanais, incarne une volonté de tourner résolument une page.

L’ambition est désormais tournée vers l’avenir. Le site doit être adapté aux spécificités du lanceur Maia, qui sera assemblé à l’horizontale et amené sur sa table de lancement au dernier moment, une configuration différente de celle de son prédécesseur. Si le hall d’intégration apparaît encore vide, les travaux préparatoires avancent en coulisses pour respecter le calendrier visant un premier vol. Cette reconversion symbolise ainsi la transition d’une ère de coopération internationale vers un nouveau chapitre, marqué par l’émergence d’acteurs privés européens dans la course à l’espace.

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