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Économie

La gratuité des transports, un enjeu clivant à l’approche des élections locales

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Alors que plusieurs candidats aux prochaines municipales inscrivent la gratuité des transports à leur programme, la mesure suscite des débats nourris sur son financement et son efficacité réelle. Les expériences en cours révèlent des approches et des résultats contrastés selon les territoires.

La perspective de transports en commun sans frais pour les usagers anime les débats dans de nombreuses villes à l’orée des scrutins locaux. Cette proposition, régulièrement mise en avant, donne lieu à des engagements très divers, certains candidats y voyant une avancée sociale et écologique, d’autres une mesure démagogique ou contre-productive.

Plusieurs agglomérations de taille moyenne ont déjà instauré ce système, parfois depuis de nombreuses années, à l’image de Châteauroux, Castres ou plus récemment Bourges. L’expérience la plus significative en termes d’ampleur concerne le réseau Tadao, dans l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, devenu début 2026 le plus grand de France à offrir un accès entièrement gratuit, sans condition de résidence.

Les élus en place défendent souvent le bilan de cette politique. À Montpellier, où la gratuité totale est effective depuis plus de deux ans, la municipalité met en avant une économie substantielle pour les familles et une contribution à la réduction de la pollution. Le maire de Dunkerque souligne quant à lui un doublement de la fréquentation depuis 2018 et un effet positif sur le commerce de centre-ville, estimant la mesure pertinente pour dynamiser un réseau sous-utilisé.

Ces positions ne font pas l’unanimité. Le gouvernement a exprimé des réserves, pointant le risque d’une offre de transport qui ne suivrait pas, l’absence de garantie sur un réel transfert depuis la voiture individuelle, et le poids financier reposant in fine sur les entreprises via le versement mobilité. Des élus locaux partagent ces inquiétudes, craignant une dégradation de la qualité du service ou un manque de moyens pour développer les réseaux.

À l’approche des élections, les propositions varient considérablement d’une ville à l’autre, reflétant ces divergences. Certains candidats plaident pour une généralisation, d’autres pour un ciblage sur des publics spécifiques comme les jeunes, les retraités ou les ménages aux revenus modestes. D’autres encore préfèrent étendre la gratuité à certains jours de la semaine plutôt que de l’instaurer de manière permanente.

Les opposants dénoncent fréquemment une surenchère à visée électoraliste, arguant que le coût de la mesure, s’il n’est pas supporté par l’usager, se reportera nécessairement sur le contribuable. Ils mettent également en avant le risque d’un effet d’aubaine pour les ménages les plus aisés, sans impact significatif sur les comportements de mobilité. Le débat reste donc ouvert, entre volonté d’élargir l’accès à la mobilité et impératifs de financement pérenne des services publics.

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