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La désinformation touche toutes les couches de la population, selon une enquête de l’Arcom

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Une étude du régulateur des médias révèle que plus d’un Français sur cinq adhère à une majorité d’informations erronées, soulignant une vulnérabilité généralisée face aux fausses nouvelles.

Les résultats d’une enquête menée par l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) dressent un constat sans appel. Présentée mardi, cette étude mesure la perméabilité du public aux contenus trompeurs. Sur un panel de deux mille personnes interrogées en ligne au mois de novembre, plus de 22 % des répondants ont considéré comme certaines au moins quatre des sept affirmations fausses qui leur étaient soumises. À l’inverse, seulement 23 % ont correctement identifié l’ensemble des informations erronées.

Le profil des individus les plus exposés à ces risques se dessine clairement. Il s’agit majoritairement d’hommes, pour plus de la moitié d’entre eux. Un tiers appartient à la tranche d’âge des 25-44 ans et 35 % sont des employés ou ouvriers. Leur consommation médiatique privilégie les sources dites algorithmiques, telles que les réseaux sociaux, les plateformes en ligne ou les outils utilisant l’intelligence artificielle. À l’opposé, les personnes les moins sensibles aux fausses informations sont souvent diplômées de l’enseignement supérieur et s’informent davantage par le biais des canaux traditionnels comme la télévision ou la presse écrite.

L’enquête met en lumière un paradoxe significatif. Si 60 % des sondés estiment être capables de discerner une information non vérifiée, seuls 23 % accordent cette même capacité à leurs concitoyens. Ce décalage entre la confiance en soi et la perception d’autrui illustre un biais cognitif répandu. Pour autant, une forte conscience du phénomène existe au sein de la population. La quasi-totalité des personnes interrogées (97 %) reconnaissent être exposées à la désinformation et 80 % jugent nécessaire d’y faire face.

Face à ces défis, les responsables de l’Arcom appellent à un renforcement du cadre réglementaire. Ils estiment que les mécanismes de corégulation avec les grandes plateformes numériques ont montré leurs limites. Une approche plus directive et verticale est désormais jugée indispensable, particulièrement dans un contexte géopolitique où l’engagement des géants du numérique dans la lutte contre les contenus préjudiciables semble fluctuer. L’institution, chargée de coordonner l’application du règlement européen sur les services numériques en France, plaide ainsi pour un contrôle accru afin de contenir la propagation des informations trompeuses.

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