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La Croix-Rouge dans la tourmente, dix ans après le 13 novembre

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L’association humanitaire a dû repenser entièrement ses protocoles d’urgence après avoir été confrontée à une violence d’un nouveau type lors des attentats parisiens.

La nuit du 13 novembre 2015 a marqué un tournant décisif pour les équipes de secours de la Croix-Rouge française. Pour les bénévoles déployés sur le terrain, l’intervention a relevé d’une médecine de crise aux dimensions inédites. Près de quatre cents volontaires et cinquante-quatre véhicules ont été mobilisés dans le cadre du plan Aramis, conçu initialement pour des accidents multi-sites. Mais l’ampleur et la nature des attaques ont dépassé les scénarios d’entraînement.

Jusqu’alors, l’organisation se préparait à des explosions ou à des accidents collectifs, sans anticiper des assaillants armés tirant en pleine rue. La priorité a basculé vers la sécurité des intervenants, confrontés à des tirs d’armes de guerre. Des bénévoles chevronnés ont dû ordonner à leurs équipes de se mettre à l’abri dès les premières minutes. La saturation des lieux d’intervention a contraint les secouristes à revenir à l’improvisation, utilisant des ceintures ou des draps en guise de garrots, et marquant à même la peau des victimes leur degré de priorité.

Au-delà de la prise en charge physique, les équipes ont découvert l’urgence psychologique. Dans un centre d’accueil aménagé en urgence, le calme stupéfait des rescapés contrastait avec le chaos extérieur. Les bénévoles ont alors mesuré le risque de psychotraumatisme par procuration, un phénomène où l’exposition répétée aux récits des victimes peut engendrer un choc émotionnel chez les sauveteurs.

L’association a tiré les leçons de cette nuit en transformant, dès 2016, son plan Aramis en un dispositif adapté aux nouvelles menaces. La protection des intervenants est devenue la règle absolue, tandis qu’un suivi psychologique systématique a été instauré. Des formations au secours psychologique ont été généralisées, incluant des simulations de choc traumatique. Si certains bénévoles ont quitté le secourisme après ces événements, l’engagement collectif n’a pas fléchi, attirant même de nouveaux volontaires.

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