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La CGT déploie ses militants pour protéger les lycéens en manif

Sophie Binet annonce que les militants de la CGT seront présents aux côtés des lycéens pour défendre leur droit à manifester. La dirigeante syndicale…

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La CGT déploie ses militants pour protéger les lycéens en manif

Sophie Binet annonce que les militants de la CGT seront présents aux côtés des lycéens pour défendre leur droit à manifester. La dirigeante syndicale dénonce une répression inédite et presse le gouvernement de changer de méthode.

La CGT descend dans la rue avec les lycéens. Sa secrétaire générale, Sophie Binet, a prévenu que les militants du syndicat seraient au rendez-vous des défilés pour veiller sur les jeunes et défendre leur droit à manifester. Ils seront là pour protéger les lycéennes et les lycéens, a-t-elle expliqué, disant sa colère après ce qu’elle a vu ces dix derniers jours et une répression qu’elle juge inédite. Sa phrase résume sa position. On n’envoie pas les policiers déloger des jeunes qui expriment des revendications.

Le gouvernement dresse un tout autre bilan. Quelque 5.000 interpellations ont été comptabilisées, dont environ 85 % de mineurs. Vingt-quatre établissements ont été incendiés ou saccagés, et 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, le plus souvent en dehors des lycées concernés. Sophie Binet balaie cette lecture. Dans une tribune, elle soutient qu’une démocratie ne saurait confondre une mobilisation de la jeunesse avec une menace à éradiquer, et que c’est pourtant ce que fait le pouvoir. Elle y voit un glissement dangereux, où le vocabulaire du maintien de l’ordre a supplanté celui de l’école et où les calculs politiques l’emportent sur l’intérêt général. Pour elle, c’est une faute politique de grande ampleur.

Sur le terrain, la mobilisation reste large. Les autorités recensaient 413 établissements touchés par des actions ou des perturbations, sur les 3.700 lycées du pays, tandis que les cours étaient suspendus pour raisons de sécurité dans 400 à 500 lycées. Le mouvement, parti de la région parisienne à la mi-septembre, s’est élargi et s’est embrasé ces derniers jours. Sophie Binet met toutefois en garde contre les violences, qui desservent selon elle les mobilisations en détournant l’attention des revendications. Elle rappelle aussi que les conditions d’études des lycéens se sont rarement autant dégradées, avec un nombre d’enseignants non remplacés qui a doublé en dix ans et des classes plus chargées que jamais.

Pour sortir de l’impasse, la dirigeante syndicale avance ses solutions. Elle veut que les lycées ouvrent leurs portes, afin que les jeunes puissent débattre de leurs revendications et dialoguer avec leurs équipes éducatives. Elle demande aussi qu’ils soient reçus par le ministère et que le gouvernement accepte de revoir le prochain budget. Concrètement, il faudrait renoncer à supprimer 1.588 postes d’enseignants et créer des postes de CPE, d’infirmières et d’assistantes sociales.

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