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La CAN 2025 décryptée par un sélectionneur en observateur attentif

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Le technicien du Tchad, Raoul Savoy, livre une analyse sans concession du tournoi, évoquant les favoris, les tactiques et les conséquences du passage à une édition quadriennale.

Le statut de favori et d’organisateur pèse lourdement sur les épaules de la sélection marocaine. Malgré deux succès sans grande difficulté, la prestation face au Mali a révélé des fragilités que l’équipe devra impérativement corriger pour prétendre au titre lors des phases à élimination directe. La pression interne est considérable et exigera une nette élévation du niveau de jeu.

L’Algérie et le Nigeria ont certes réalisé un parcours parfait en phase de groupes, mais leur domination n’est pas sans faille. La première a montré une certaine régularité, tandis que la seconde a connu des fins de rencontres périlleuses. L’histoire rappelle que les équipes qui brillent dès l’entame ne sont pas nécessairement celles qui atteignent l’ultime étape.

La hiérarchie continentale a globalement été respectée lors de ce premier tour, avec les nations les plus huppées se qualifiant sans réelle surprise. Cette édition pourrait toutefois réserver des rebondissements dans la suite de la compétition, même si tout laisse présager un dernier carré extrêmement relevé et conforme aux attentes.

Pour les sélections moins dotées, comme le Tchad, cette CAN est une source d’inspiration. Les performances de nations telles que le Bénin ou le Mozambique démontrent que l’écart peut être comblé avec un travail rigoureux. À l’inverse, des équipes comme la Zambie ont déçu par leur manque d’organisation, contrastant avec leur réputation de solidité.

Sur le plan tactique, la tendance dominante reste les schémas à quatre défenseurs. Cependant, l’innovation la plus marquante vient du Cameroun et de son utilisation de systèmes à trois arrières. Cette approche, offrant un équilibre entre solidité défensive et transitions rapides, constitue l’un des enseignements majeurs de cette phase initiale.

Plutôt que de désigner un joueur individuel, l’observateur préfère souligner la qualité collective d’une rencontre, à l’image du choc entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun, qui a incarné le plus haut niveau d’engagement et de désir.

Enfin, la décision de passer à une Coupe d’Afrique des Nations tous les quatre ans suscite de vives réserves. Ce changement brise une tradition historique et culturelle ancrée depuis des décennies. Il risque surtout d’accentuer les disparités, favorisant les grandes nations au détriment des sélections plus modestes, pour lesquelles la CAN représente une vitrine et un aboutissement essentiel. L’espoir réside désormais dans l’organisation d’une future Ligue des Nations africaine capable de maintenir un calendrier compétitif pour tous.

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