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Hatchepsout : une reine-pharaon victime de son succès, pas de son sexe

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Nouvelle étude : la destruction posthume de l’héritage d’Hatchepsout s’expliquerait par des raisons politiques et rituelles, et non par une hostilité envers son règne féminin.

La fascinante histoire d’Hatchepsout, souveraine d’Égypte il y a 3 500 ans, connaît un rebondissement scientifique. Longtemps, les égyptologues ont cru que son successeur Thoutmosis III avait méthodiquement effacé les traces de son règne par ressentiment envers une femme ayant osé devenir pharaon. Une analyse récente remet en cause cette interprétation, y voyant plutôt une démarche rituelle et pragmatique.

Cette monarque exceptionnelle, qui précéda Cléopâtre de quinze siècles, gouverna d’abord comme régente avant de s’émanciper pour diriger pleinement le royaume. Son ère fut marquée par une prospérité économique, des expéditions commerciales ambitieuses et des constructions monumentales, dont un tombeau unique dans la Vallée des Rois. Pourtant, après sa mort, nombre de ses représentations furent mutilées ou réemployées.

L’étude minutieuse des archives archéologiques révèle que ces actes répondaient probablement à des nécessités politiques. Thoutmosis III aurait cherché à affirmer sa légitimité en réorientant les cultes dynastiques, une pratique courante à l’époque. Certaines statues endommagées semblent avoir été recyclées comme matériaux de construction bien après son règne, sans intention malveillante.

Ces conclusions invitent à reconsidérer les motivations historiques derrière l’effacement mémoriel. Loin d’être une vengeance personnelle ou une misogynie institutionnelle, ce phénomène s’inscrirait dans les logiques de pouvoir traditionnelles. Hatchepsout ne fut donc pas une exception : son traitement post-mortem ressemblerait à celui réservé à d’autres pharaons, quelles que fussent leurs origines. Une découverte qui nuance notre compréhension des dynamiques de succession dans l’Égypte ancienne.

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