Économie
Équateur : une nation en quête de stabilité face à la violence et à la crise économique
Entre insécurité galopante et précarité généralisée, les Équatoriens se rendent aux urnes dans un climat d’incertitude.
Au cœur de Guayaquil, capitale économique du pays, le parc Seminario offre un spectacle désolant. Sous une chaleur accablante, les iguanes semblent plus nombreux que les rares visiteurs. La violence endémique a chassé touristes et habitants, plongeant les commerces dans une léthargie inquiétante. Juan Carlos Pesantes, vendeur depuis seize ans, constate amèrement la chute de son chiffre d’affaires et la fermeture des établissements voisins.
Les enjeux de l’élection présidentielle reflètent les maux du pays : criminalité, chômage et inégalités sociales. L’économie, fragilisée par la baisse des cours du pétrole et le poids de la dette publique, peine à se relever. Le secteur informel explose, tandis que les retraités survivent avec des pensions dérisoires. Gerardo Ortiz, septuagénaire, ironise sur sa « voiture », un vieux vélo rouillé, et avoue que ses 280 dollars mensuels suffisent à peine à couvrir ses besoins essentiels.
La montée en puissance des cartels de drogue a transformé l’Équateur en plaque tournante du trafic de cocaïne. Les exportations de bananes, pilier de l’économie, sont elles aussi touchées par les extorsions et les infiltrations criminelles. Les entreprises doivent composer avec des coupures d’électricité chroniques, symptôme d’un manque criant d’investissements dans les infrastructures.
Face à ces défis, les candidats proposent des solutions radicalement opposées. Luisa Gonzalez mise sur un État interventionniste, avec une fiscalité renforcée pour les plus aisés et une baisse de la TVA. Daniel Noboa, le président sortant, privilégie quant à lui les partenariats privés et une politique sécuritaire ferme. Mais pour beaucoup d’Équatoriens, comme Juan Carlos Pesantes, la méfiance persiste : aucun des deux ne semble incarner une véritable issue à la crise.
Dans les rues de Guayaquil, l’angoisse est palpable. Paola Valdivieso, employée dans un salon de beauté, résume le sentiment général : « On marche en regardant derrière soi, par peur de l’agression. » Le scrutin de dimanche pourrait marquer un tournant, mais la route vers la stabilité s’annonce longue et semée d’embûches.
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