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Économie

Claire’s sombre sous le poids de ses dettes et d’un marché hostile

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Le géant américain de la bijouterie fantaisie se place sous protection judiciaire aux États-Unis et au Canada, après une procédure similaire engagée en France cet été.

L’enseigne Claire’s, spécialisée dans les accessoires de mode à destination des adolescents, a officiellement déposé le bilan pour ses activités américaines et plusieurs de ses filiales étrangères. Le recours au Chapitre 11 de la loi sur les faillites vise à restructurer une dette estimée entre un et dix milliards de dollars, dont une échéance critique de 600 millions prévue pour 2026. Les magasins concernés demeureront ouverts et les salariés continueront d’être rémunérés pendant la procédure.

Cette décision intervient dans un contexte commercial particulièrement défavorable. La direction évoque une concurrence exacerbée, le déclin des achats en magasins physiques et des conditions macroéconomiques délétères. Chris Cramer, à la tête du groupe depuis juin 2024, a reconnu la nécessité de cette mesure tout en affirmant poursuivre des discussions avec des investisseurs potentiels.

En France, où la filiale locale est déjà en redressement judiciaire depuis juillet, l’issue reste incertaine. Le tribunal de commerce de Paris dispose de six mois pour statuer sur un éventuel plan de sauvetage ou une liquidation pure et simple.

Analystes et observateurs pointent des difficultés structurelles anciennes. Le groupe, racheté en 2007 par Apollo Global Management, avait déjà eu recours à une procédure similaire en 2018 pour éponger une dette de 2,1 milliards de dollars. Aujourd’hui, son principal actionnaire est Elliott Management, qui détient près de 40 % du capital.

Avec plus de 3 000 points de vente à travers le monde, dont 1 350 aux États-Unis, Claire’s peine à s’adapter à l’essor du e-commerce et à la concurrence de marques comme Lovisa ou Amazon. Les dernières données financières accessibles, datant de 2021, faisaient état d’un chiffre d’affaires de 1,39 milliard de dollars. Aucune mise à jour n’a été communiquée depuis, malgré les sollicitations.

Cette nouvelle étape marque un tournant critique pour une enseigne historique, fondée en 1961, dont l’avenir dépendra désormais de sa capacité à se réinventer dans un paysage retail en pleine mutation.

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