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Économie

BNP Paribas face à la justice new-yorkaise pour son rôle présumé au Soudan

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Un jury américain examine si les activités bancaires du groupe français ont contribué au financement d’atrocités commises sous le régime d’Omar el-Béchir, lors d’un procès historique qui interroge la responsabilité des institutions financières internationales.

Les délibérations ont commencé devant un tribunal fédéral de New York pour déterminer si BNP Paribas a participé indirectement à des violations des droits humains au Soudan. Le jury civil doit se prononcer sur le rôle présumé de l’établissement bancaire dans le soutien économique au gouvernement soudanais entre la fin des années 1990 et 2009.

Trois ressortissants américains d’origine soudanaise accusent la banque d’avoir facilité des transactions commerciales qui auraient procuré des ressources financières au régime de Khartoum. Dans leurs témoignages, ils ont décrit des sévices corporels, des détentions arbitraires et des destructions de biens qu’ils attribuent aux forces gouvernementales et aux milices janjawid.

L’accusation soutient que les lettres de crédit émises par BNP Paribas ont permis au pouvoir soudanais de réaliser des échanges internationaux et d’obtenir des devises étrangères. Selon les plaignants, ces opérations bancaires ont constitué un soutien essentiel à une économie qui finançait des opérations militaires et des milices.

La défense a contesté ces allégations en affirmant que les activités commerciales litigieuses étaient autorisées par les réglementations européennes de l’époque. Les avocats de la banque ont souligné l’absence de lien direct entre les services financiers fournis et les exactions commises, rappelant que de nombreuses institutions internationales maintenaient des relations avec le Soudan durant cette période.

Ce procès intervient alors que l’ancien président Omar el-Béchir, renversé en 2019 après trente ans de pouvoir, fait l’objet de poursuites devant la Cour pénale internationale pour génocide et crimes contre l’humanité. Le conflit du Darfour, évoqué durant les audiences, a causé des centaines de milliers de victimes et des déplacements massifs de population selon les estimations des Nations Unies.

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