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Appel dans l’affaire Samuel Paty : les quatre condamnés rejettent les charges à l’ouverture des débats


Le procès en appel de quatre hommes condamnés pour leur implication dans la mort de l’enseignant s’est ouvert lundi à Paris. D’emblée, les accusés ont contesté les faits retenus contre eux.
La cour d’assises d’appel spéciale de Paris examine, jusqu’au 27 février, les recours formés par quatre des huit individus condamnés en première instance pour leur rôle dans les événements ayant conduit à la mort de Samuel Paty. L’enseignant avait été tué aux abords de son établissement scolaire à Conflans-Sainte-Honorine en octobre 2020.
Lors de cette première journée d’audience, les prévenus, assis dans le box, ont tous rejeté les accusations portées à leur encontre. Brahim Chnina a exprimé ses regrets tout en affirmant ne pas reconnaître les faits. Abdelhakim Sefrioui s’est quant à lui déclaré « totalement innocent », se disant « accablé » à la lecture de l’acte d’accusation. Les deux autres hommes, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, ont également nié les charges.
Ces quatre personnes avaient été condamnées, lors du premier procès, à des peines de treize à seize ans de réclusion criminelle. Deux d’entre elles sont poursuivies pour complicité d’assassinat, les deux autres pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. Les magistrats avaient estimé qu’elles avaient contribué, par leurs actions, à créer un climat propice au passage à l’acte.
L’affaire trouve son origine dans une rumeur propagée en ligne. Une adolescente, absente du cours concerné, avait accusé à tort le professeur d’avoir tenu des propos discriminatoires envers des élèves musulmans lors d’une séquence sur la liberté d’expression. Cette allégation, relayée et amplifiée sur les réseaux sociaux par son père et par un prédicateur, avait déclenché une campagne de dénigrement contre l’enseignant.
Les avocats de la défense ont d’ores et déjà annoncé leur stratégie. Ceux de Brahim Chnina estiment que la qualification d’association de malfaiteurs terroriste fait l’objet d’une extension contestable. La défense d’Abdelhakim Sefrioui plaidera quant à elle pour la reconnaissance de son innocence, soulignant l’absence de lien avéré entre son client et l’auteur matériel de l’agression.
Les conseils des accusés ont par ailleurs demandé à entendre l’ancien ministre de la Justice et le ministre de l’Intérieur en exercice, afin qu’ils s’expriment sur les éventuels dysfonctionnements ayant pu faciliter la commission des faits. La tenue de ces auditions, prévues initialement à la fin de la semaine, semble toutefois incertaine, l’un des deux ministres ayant fait savoir qu’il ne se présenterait pas spontanément.
Les débats se poursuivront dans les prochains jours, la cour devant réexaminer l’ensemble des éléments d’une procédure qui avait profondément marqué l’opinion publique.





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