Europe
Après un été de flammes, l’Italie met au repos sa flotte record de Canadair
Les bombardiers d’eau italiens ont regagné leur base, près de Rome, pour un long entretien. Avec dix-huit Canadair, l’Italie possède la plus grande flotte…


Les bombardiers d’eau italiens ont regagné leur base, près de Rome, pour un long entretien. Avec dix-huit Canadair, l’Italie possède la plus grande flotte au monde de ce modèle, après une saison d’incendies qui n’a laissé aucun répit aux équipages.
Le soleil frappe fort sur le tarmac, et leurs carlingues jaune et rouge ne passent pas inaperçues. Les Canadair italiens viennent de boucler un été épuisant à lutter contre les incendies aux quatre coins de l’Europe. Les voilà de retour sur leur base principale, au sud-est de Rome, pour une longue cure d’entretien. Avec dix-huit appareils CL-415, l’Italie aligne la plus grande flotte au monde de ce modèle, devant l’Espagne, la Grèce et la France. Ces bombardiers d’eau décollent de trois bases permanentes réparties dans le pays, dont la principale se situe à l’aéroport de Ciampino, sans compter trois bases temporaires ouvertes le temps de l’été.
Leur rayon d’action dépasse largement les frontières italiennes, en partie grâce au partage européen des moyens aériens de secours. Au début de l’été, les équipages sont allés épauler le Portugal et l’Espagne, où ils ont traversé deux épisodes particulièrement délicats, raconte le commandant Francesco Morgante, pilote de Canadair chez Avincis, la société qui exploite la flotte italienne pour le compte des pompiers. Puis l’Italie les a mobilisés sans répit, avec une urgence inattendue dans le nord du pays, une situation inhabituelle pour cette région.
L’engin impressionne par ses performances. Il avale plus de 6 000 litres d’eau en douze secondes à peine, sans même se poser, grâce à deux écopes placées sous son fuselage, avant de tout larguer en trois secondes. Pour Francesco Morgante, c’est un outil idéal et le plus opérationnel qui soit contre les feux. Polyvalent et souple, il peut s’attaquer à des incendies de taille moyenne comme de grande ampleur, et contenir un brasier même lorsqu’il a déjà pris de la puissance, détaille le pilote depuis l’étroit cockpit d’un des appareils.
Devant les imposants avions alignés le long de la piste, un vaste hangar fraîchement rénové abrite ceux qui passent au crible. L’un d’eux a même ses deux turbopropulseurs ouverts. Ces contrôles approfondis, réalisés après le pic d’activité de l’été, prennent plusieurs semaines, explique Maurizio Tomassi, responsable des opérations de maintenance chez Avincis. La saison des feux démarre vers la mi-juin, l’objectif est donc de terminer l’entretien de base avant la fin mars. D’ici là, la fermeture de la dernière base temporaire, en Calabre, le 31 octobre, marquera la fin officielle de la saison estivale.
Le contexte rend la question du parc de Canadair plus urgente que jamais. L’Europe de l’Ouest sort de son été le plus chaud jamais enregistré, avec environ 540 000 hectares partis en fumée dans l’Union européenne entre la mi-juin et le début septembre. Année après année, le recours à ces moyens aériens n’a cessé de grimper, lentement mais sûrement, souligne Francesco Morgante. Pour lui, disposer d’une flotte suffisante et adaptée aux besoins nationaux comme européens est tout simplement essentiel.
Cet été restera gravé dans la mémoire des équipes, qui n’ont pas eu une seconde de répit. D’ordinaire, un orage vient casser le rythme, fait chuter la température de trois ou quatre degrés et offre deux jours de pause avant que tout reparte éventuellement. Cette trêve météorologique n’est jamais venue, témoigne le commandant. Alessandro Sette, qui dirige la salle opérationnelle où affluent les demandes d’intervention de la protection civile italienne, confirme. Les journées démarraient dès l’aube, les avions décollaient aux premières lueurs du jour, déjà chargés, comme on dit dans le jargon, et les opérations se terminaient souvent à la tombée de la nuit. Longues et intenses. En cette matinée calme de fin septembre, plus aucun mouvement n’anime l’écran qui suit les trajectoires des aéronefs. Presque tous les avions sont au sol, et c’est une bonne nouvelle.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 2 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



PolitiqueEn Ligne 5 joursNathalie Arthaud lance sa campagne et s’en prend frontalement à Jean-Luc Mélenchon



PolitiqueEn Ligne 5 joursPlace de la Concorde, la droite et l’extrême droite répondent en masse à la messe du pape



Faits DiversEn Ligne 3 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



SociétéEn Ligne 6 joursBlocus des lycées en Île-de-France, la colère monte et le pouvoir s’agace



PolitiqueEn Ligne 2 joursSelon Tanguy, d’anciens militants antisémites seraient à l’origine de la fuite visant Bardella



PolitiqueEn Ligne 6 joursLa veste de couvreur ressortie, Mélenchon dégaine son plan pour le logement



SociétéEn Ligne 6 jours80 000 jeunes catholiques font du bruit au Stade de France avant l’arrivée du pape








