Société
La percée d’Andy Burnham change la donne politique au Royaume-Uni
Le populaire maire de Manchester a remporté haut la main une élection partielle vendredi. Ce scrutin le propulse comme le principal challenger de Keir…


Le populaire maire de Manchester a remporté haut la main une élection partielle vendredi. Ce scrutin le propulse comme le principal challenger de Keir Starmer pour diriger le Labour et le pays.
Avec 54,8% des suffrages et plus de 9 000 voix d’avance, Andy Burnham a écrasé ses adversaires dans la circonscription de Makerfield, près de Manchester. Ce résultat place l’ancien ministre de Gordon Brown en pole position pour prétendre à Downing Street. Son principal rival, le candidat du parti anti-immigration Reform UK, n’a obtenu que 34,5% des voix. Un camouflet pour Nigel Farage, dont le parti domine pourtant les sondages nationaux depuis des mois. La donne a encore été brouillée par l’irruption d’une formation encore plus à l’extrême droite, Restore Britain, dont la candidate a récolté près de 7% des voix.
Cette élection partielle était un test grandeur nature pour le Labour, mais aussi pour l’ensemble du paysage politique britannique. Keir Starmer, très impopulaire et contesté jusque dans son propre camp, voit désormais un rival sérieux s’installer au Parlement. Burnham, surnommé le « roi du Nord », a joué sur deux tableaux pour séduire l’électorat. Il a su parler aux fidèles du Labour tout en attirant ceux qui réclament un changement de cap à gauche. Dans son discours de victoire, il a appelé son parti à saisir une « dernière chance de changer », et a estimé que la nuit du scrutin pourrait marquer un tournant.
Plusieurs scénarios sont désormais possibles pour la suite. Le plus rapide serait une démission de Keir Starmer, qui permettrait au parti de désigner Burnham sans guerre interne. Mais le Premier ministre a répété qu’il comptait se battre. Une autre option verrait Burnham et ses alliés forcer la main, soit via des démissions en cascade, soit en déclenchant une élection à la tête du Labour. Dans cette hypothèse, il lui faudrait le soutien de 81 députés, un seuil qu’il pourrait atteindre sans difficulté. D’autres prétendants, comme l’ancien ministre de la Santé Wes Streeting, se disent aussi prêts à en découdre. La semaine qui vient s’annonce décisive pour l’avenir du parti travailliste et du gouvernement britannique.
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