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Société

Catherine Trautmann consolide son pouvoir à Strasbourg en prenant la tête de l’Eurométropole

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L’ancienne ministre socialiste, fraîchement réélue à la mairie, a été portée à la présidence de l’intercommunalité grâce à une alliance inédite avec des élus de droite, rétablissant un cumul de fonctions abandonné depuis un quart de siècle.

Catherine Trautmann étend son influence sur l’agglomération strasbourgeoise. Élue maire de la ville en mars, la figure socialiste a été désignée ce vendredi présidente de l’Eurométropole de Strasbourg. Seule candidate en lice, elle a recueilli quatre-vingts suffrages parmi les cent sept conseillers métropolitains, vingt-sept bulletins étant restés blancs. Cette double fonction, qui n’avait plus été exercée par un même élu depuis son propre départ de l’hôtel de ville en 2001, suscite des réserves parmi l’opposition.

La nouvelle présidente a immédiatement répondu aux critiques, assurant que son objectif était de renforcer la cohésion territoriale et non d’accumuler les mandats. Elle s’est engagée à faire vivre une collégialité entre les maires des trente-trois communes membres. La présidence de l’Eurométropole représente un enjeu stratégique majeur, l’institution disposant d’un budget de 1,33 milliard d’euros et de compétences étendues en matière de transports, de gestion des déchets, de développement économique ou de politique énergétique.

Son élection a été rendue possible par un accord conclu la veille avec deux élus du parti Les Républicains, Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, qui deviennent vice-présidents. Catherine Trautmann a qualifié cette entente de démarche « transpartisane », soulignant une habitude de travail commune forgée lors de l’opposition à la majorité écologiste sortante. Elle a défendu une alliance avec « les habitants de l’Eurométropole », rejetant l’idée d’un simple rapprochement politique.

Ce positionnement, délibérément placé au-dessus des clivages partisans, avait déjà caractérisé sa campagne municipale. Candidate avant même l’investiture officielle de son parti, elle s’était alliée au second tour avec la formation Horizons, une décision qui lui avait valu des tensions avec la direction nationale du Parti socialiste. L’écologiste Jeanne Barseghian, maire sortante battue en mars, lui avait alors reproché une trahison des valeurs de la gauche.

Dans son discours d’investiture, Catherine Trautmann a implicitement visé l’équipe précédente, évoquant la nécessité de « refaire confiance » et de « refaire métropole » après une période ayant généré, selon elle, des frustrations et un déficit d’écoute envers certaines communes. À soixante-quinze ans, l’ancienne ministre de la Culture renoue ainsi avec les responsabilités qu’elle exerçait il y a vingt-cinq ans, consolidant son retour sur le devant de la scène politique strasbourgeoise.

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