Société
L’affaire Rima Hassan tourne à la controverse judiciaire
La justice a classé sans suite l’enquête concernant la découverte d’une substance lors de la garde à vue de l’eurodéputée. Son avocat dénonce des manœuvres illégales et des fuites préjudiciables.
L’information, révélée jeudi par la défense de l’élue, a été confirmée par le parquet de Paris. Les magistrats ont estimé que les investigations ne permettaient pas de caractériser une infraction. Cette décision met un point final à une séquence médiatique intense, née de la divulgation dans la presse de la présence d’une matière lors de la fouille de l’élue la semaine dernière.
L’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a immédiatement réagi. Il souligne que cette décision de classement ruine, selon lui, la crédibilité de la procédure ayant conduit au renvoi de sa cliente devant le tribunal correctionnel pour d’autres faits. Il affirme que l’eurodéputée avait dès le départ fourni toutes les explications, présentant un ticket de caisse attestant de l’achat légal d’un produit au CBD à Bruxelles.
La défense dénonce avec vigueur les fuites ayant émaillé cette affaire, les qualifiant de procédés déloyaux et de manipulations destinées à nuire à la réputation de l’élue et de son parti. Le ministère de la Justice a d’ailleurs été saisi par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, afin que l’Inspection générale enquête sur l’origine de ces divulgations. Cette saisine fait suite à des articles du Canard enchaîné pointant le rôle du porte-parole du ministère, lequel a déposé plainte pour diffamation.
Dans un communiqué, La France insoumise a fustigé ce qu’elle qualifie de naufrage médiatique et judiciaire, évoquant une cabale politique et des barbouzeries. Le mouvement annonce avoir saisi le régulateur des médias, l’Arcom, concernant le traitement de l’information. La formation politique exige du gouvernement qu’il mette un terme à ces méthodes, qu’elle estime contraires aux principes de l’État de droit.
De son côté, Rima Hassan a indiqué sur les réseaux sociaux ne pas se contenter du rétablissement des faits. Son conseil juridique étudierait des poursuites à l’encontre des médias et personnalités ayant, selon lui, diffusé de fausses informations. L’eurodéputée reste renvoyée devant le tribunal correctionnel pour des faits distincts d’apologie du terrorisme, suite à sa garde à vue.
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