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Le Pentagone maintient son exclusion d’Anthropic, une audience accélérée fixée à mai

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La justice fédérale a refusé de suspendre la mesure d’interdiction visant le géant de l’intelligence artificielle, tout en ordonnant un examen judiciaire rapide de ce dossier aux implications stratégiques majeures.

Une cour fédérale de Washington a rejeté la demande de suspension immédiate de l’exclusion d’Anthropic des contrats du département de la Défense américain. Cette décision constitue un revers pour l’entreprise de technologie, qui avait pourtant obtenu un jugement favorable dans une procédure similaire devant un tribunal de San Francisco à la fin du mois de mars. Les magistrats ont toutefois reconnu l’urgence à trancher cette affaire, convoquant les parties pour une audience accélérée le 19 mai prochain.

La mesure contestée oblige les sous-traitants du Pentagone à attester qu’ils n’utilisent pas les systèmes d’Anthropic, le créateur de l’assistant Claude. Cette décision, fondée sur des considérations de sécurité de la chaîne d’approvisionnement, fait suite au refus public de l’entreprise de permettre l’emploi de ses outils pour la surveillance de masse des citoyens américains ou le développement d’armes entièrement autonomes. Jusqu’à présent, une telle désignation n’avait concerné que des sociétés étrangères.

Dans un autre volet juridique, une juge de San Francisco avait suspendu fin mars une directive similaire émanant du secrétaire à la Défense, estimant qu’elle portait probablement atteinte aux droits constitutionnels d’Anthropic. Cette décision avait également entraîné le rétablissement de l’accès aux modèles de l’entreprise sur la plateforme fédérale dédiée à l’intelligence artificielle. Le gouvernement a fait appel de cette ordonnance, mais l’examen n’interviendra pas avant le mois de juin.

Dans leur raisonnement, les juges de Washington ont considéré que la balance des intérêts penchait en faveur de l’administration. Ils ont estimé que le préjudice subi par Anthropic, bien que significatif, était principalement de nature financière, tandis que les enjeux pour le Pentagone touchaient à la sécurité de ses opérations dans un contexte de conflit. La cour a par ailleurs relevé que la position publique de l’entreprise avait pu lui conférer un certain bénéfice en termes d’image et de notoriété.

Le Pentagone a informé Anthropic qu’il continuerait d’utiliser ses modèles, actuellement les seuls autorisés pour le traitement d’informations classifiées, au moins jusqu’au mois de septembre 2026. Parallèlement, son principal concurrent, OpenAI, a annoncé avoir signé un contrat avec le département de la Défense, affirmant avoir obtenu les garanties nécessaires sur les questions éthiques soulevées.

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