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Des montagnards thaïlandais aux avant-postes de la lutte contre les feux de forêt

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Au nord de la Thaïlande, des volontaires issus de la minorité hmong conjuguent savoir-faire traditionnel et technologies modernes pour protéger les massifs forestiers. Leur engagement contribue à modifier la perception souvent négative dont leur communauté fait l’objet.

Équipés de machettes et de drones, des résidents des hauteurs surveillent avec attention les versants desséchés du parc national de Doi Suthep-Pui. Leur action bénévole en matière de prévention des incendies constitue une réponse concrète aux défis environnementaux de la région. De retour dans son village après une vie en ville, un photographe de quarante-sept ans a décidé de mettre ses compétences au service de cette cause. Il a installé dans la forêt des dispositifs de surveillance permettant un suivi à distance des zones les plus sensibles.

L’utilisation de drones permet désormais de localiser plus rapidement les départs de feu, d’en observer la propagation et de planifier des itinéraires d’intervention optimisés. Cette approche innovante s’inscrit dans une démarche collective de protection du patrimoine naturel. Les membres de cette communauté, installés dans le nord du pays depuis plusieurs décennies, assurent la garde de plusieurs centaines d’hectares de forêt. Leur travail quotidien consiste à parcourir les collines pour éliminer les combustibles naturels et maintenir un état de vigilance permanent.

Le responsable de ce réseau de volontaires souligne l’importance écologique de cette zone forestière pour la ville de Chiang Mai. La création de cette initiative fait suite à une série d’événements destructeurs survenus il y a plusieurs années, qui avaient nécessité plus d’un mois d’efforts pour être contenus. Les conditions climatiques actuelles, caractérisées par des températures plus élevées et une sécheresse accrue, favorisent la survenue d’incendies plus intenses.

Les origines de ces feux sont souvent attribuées à des activités humaines, une accusation fréquemment portée à l’encontre des populations montagnardes. Les responsables de ce dispositif de surveillance contestent cette généralisation, mettant en avant leur rôle de protecteurs de l’environnement. Leur modèle d’organisation commence à faire école auprès d’autres villages confrontés aux mêmes critiques, notamment concernant certaines pratiques agricoles ancestrales.

Les autorités ont récemment renforcé la réglementation concernant les brûlis agricoles, une mesure qui semble produire des effets positifs sur la qualité de l’air. Les données satellitaires indiquent une réduction notable du nombre de foyers d’incendie par rapport aux années précédentes. Cette amélioration résulterait d’une prise de conscience collective et d’un contrôle plus rigoureux des activités en forêt.

Le financement de ces opérations de surveillance représente un défi logistique et économique majeur. Les fonds alloués par les institutions publiques ne couvrent qu’une fraction minime des dépenses engagées pour l’alimentation, le carburant et l’entretien du matériel. Malgré ces contraintes, la détermination des volontaires demeure intacte, illustrant un engagement profond pour la préservation de leur territoire.

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