Économie
Le Papang, téléphérique réunionnais, s’envole vers de nouveaux sommets

Quatre ans après son inauguration, le métrocable de Saint-Denis a conquis ses usagers. Fort de ce succès, un projet de seconde ligne, présenté comme une première mondiale, est déjà sur les rails.
À Saint-Denis de La Réunion, le ballet des cabines est devenu un élément familier du paysage urbain. Toutes les demi-minutes, une télécabine s’immobilise à la station du Chaudron, déposant son flux de passagers. Ce métrocable, premier du genre dans l’océan Indien, enregistre désormais près de cinq mille voyages quotidiens, un chiffre comparable à celui des lignes de bus les plus fréquentées de l’île. Reliant le quartier du Chaudron à celui de Bois-de-Nèfles sur 2,7 kilomètres, l’infrastructure a su séduire par son efficacité et sa régularité.
Pour de nombreux habitants, ce mode de transport a transformé les déplacements quotidiens. Il permet d’éviter les encombrements routiers caractéristiques d’une ville étirée entre le littoral et les hauteurs. Des étudiants comme des actifs évoquent des gains de temps substantiels, tout en appréciant la vue panoramique offerte durant le trajet. Baptisé « Papang », du nom créole d’un rapace local, le téléphérique dessert plusieurs établissements scolaires et universitaires, complétant ainsi une offre de mobilité jugée auparavant insuffisante.
Face à cet engouement, les autorités intercommunales planifient déjà une extension. L’objectif est de desservir le quartier résidentiel de La Montagne, perché à flanc de colline. La route sinueuse qui y mène est régulièrement sujette à des difficultés de circulation et à des risques d’éboulement. Une nouvelle liaison par câble apparaît donc comme une solution pertinente pour accompagner la croissance démographique de ce secteur très prisé.
Le projet, dont la mise en service est envisagée pour la fin de la décennie, se veut pionnier. Le groupement retenu promet en effet de réaliser « le premier téléphérique urbain neutre en énergie » au monde. Le système combinera récupération d’énergie lors des descentes et production photovoltaïque pour viser un bilan carbone nul en exploitation. Deux cabines d’une capacité de cinquante places chacune franchiront une dénivellation de plus de trois cents mètres en seulement quatre minutes, avec une empreinte au sol minimale.
Si l’investissement, estimé à une cinquantaine de millions d’euros, semble maîtrisé au regard des alternatives routières, une question demeure. L’éloignement géographique des principaux fabricants de ce type d’équipement, encore peu répandu en France, impose une vigilance particulière quant à la maintenance et à la fiabilité à long terme. Les responsables locaux en sont conscients, alors que le téléphérique s’affirme comme un maillon essentiel du développement de la plus grande commune d’outre-mer.

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