Nous rejoindre sur les réseaux

News

L’Église de France instaure un dispositif permanent pour les victimes de violences sexuelles

Article

le

Alors que l’institution est à nouveau ébranlée par la condamnation civile d’un évêque, les prélats ont dévoilé à Lourdes les contours d’un nouveau système national d’écoute et d’accompagnement, destiné à prendre le relais de l’instance créée en réponse à la crise.

Les évêques de France ont présenté ce jeudi un cadre pérenne pour l’accueil des personnes ayant subi des violences sexuelles durant leur minorité au sein de l’Église. Cette annonce, très attendue, intervient alors que l’Inirr, l’instance de réparation mise en place en 2021, achève son mandat. Le dispositif, baptisé « Renaître », entrera en vigueur à partir du premier septembre. Il repose sur un principe de décentralisation, avec la création de cellules d’accueil au sein de chaque diocèse, placées sous la responsabilité de l’évêque local. Ces cellules auront pour mission d’écouter les victimes et de les orienter vers des parcours de réparation.

Pour garantir une forme d’uniformité et de contrôle, un organisme national indépendant sera également institué. Sa fonction consistera à vérifier la formation des écoutants et à s’assurer d’une équité de traitement sur l’ensemble du territoire. Cet organisme fera l’objet d’audits externes réguliers. Les personnes qui ne souhaiteraient pas s’adresser à leur diocèse pourront le saisir directement, bien que l’évêché concerné en soit informé. Concernant les indemnisations financières, elles ne pourront être engagées qu’à la demande expresse de la victime, à l’issue du processus d’accompagnement. Un fonds alimenté par chaque diocèse sera destiné à ces réparations, selon des critères définis au niveau national.

Cette présentation a été effectuée dans un contexte marqué par une actualité judiciaire lourde. Peu avant, la nouvelle de la condamnation civile de Mgr Jean-Michel di Falco était parvenue aux prélats réunis à Lourdes. L’ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France a été condamné à verser près de deux cent mille euros à un homme qui l’accusait de viols et d’agressions sexuelles remontant aux années 1970. Le président de la CEF, Mgr Jean-Marc Aveline, a qualifié cette décision de justice de « quasiment inédite », tout en affirmant qu’il fallait « laisser faire la justice ». Cette condamnation civile, distincte d’une condamnation pénale, survient après plusieurs affaires ayant touché d’autres prélats pour des faits de non-dénonciation.

L’annonce du nouveau dispositif « Renaître » répond à une demande de pérennisation exprimée par l’Inirr elle-même, dont l’activité a augmenté de trente-cinq pour cent l’an dernier. L’institution estime désormais nécessaire de sortir d’une logique de réponse à la crise pour installer une structure durable. Cette orientation semble aussi faire écho aux récentes exhortations du pape, qui a appelé à se tourner vers l’avenir et à adresser un message de confiance au clergé français. Le chemin vers une réparation complète et une confiance restaurée s’annonce cependant long, alors que les révélations continuent de se succéder et que le nombre de victimes identifiées reste très en deçà des estimations avancées par le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus