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Culture

L’Institut du Monde Arabe, un pont culturel à consolider

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_**À la tête de l’IMA, Anne-Claire Legendre entend renforcer la mission de l’institution, confrontée à des défis financiers et identitaires, pour favoriser une meilleure compréhension mutuelle.**_

Naviguant entre héritage culturel et enjeux diplomatiques, l’Institut du Monde Arabe célébrera bientôt ses quarante ans dans un contexte de fragilités budgétaires. Sa nouvelle présidente, Anne-Claire Legendre, affirme la nécessité de poursuivre et d’amplifier son rôle fondamental, celui de dissiper les préjugés et les malentendus persistants autour du monde arabe. Cette diplomate de carrière, qui a pris ses fonctions en février, souligne la position unique de l’institution pour offrir des clés de lecture essentielles sur une région en constante évolution.

Les défis à relever sont multiples. L’identité même de l’IMA, fondé en 1987 par un partenariat entre la France et des États de la Ligue arabe, fait parfois l’objet de questionnements. Sa présidente défend une vocation double, celle d’être un outil au service des relations internationales tout en contribuant à la cohésion sociale nationale. Elle rappelle que l’influence arabe, héritée de l’histoire, imprègne de nombreux aspects de la société française, de la culture aux pratiques quotidiennes, et qu’il importe de l’aborder avec sérénité.

Cette mission s’exerce dans un climat de tensions identitaires et de remise en cause des financements publics, qui représentent la moitié du budget annuel de l’établissement. La dirigeante, tout en évitant de spéculer sur l’avenir politique, estime que le soutien de l’État à cette institution relève de l’intérêt national, participant au rayonnement et à l’influence de la France.

La question financière constitue un dossier prioritaire, depuis que les contributions systématiques des pays arabes ont cessé il y a une décennie. Un audit interne est en cours pour redéfinir un modèle économique pérenne, intégrant la participation des partenaires arabes, qu’elle soit structurelle ou liée à des projets spécifiques. Parallèlement, l’IMA entend développer son ancrage auprès du public, notamment par l’enseignement de la langue arabe, présenté comme une offre républicaine répondant à une demande croissante.

L’enjeu ultime, selon Anne-Claire Legendre, est de maintenir et de tisser de nouveaux liens avec les jeunes générations arabes, dont les regards se tournent désormais vers d’autres horizons. Elle attribue à la culture un rôle central dans la construction d’imaginaires communs et dans la résolution des conflits, en permettant de dépasser des récits perçus comme irréconciliables. Pour l’IMA, il s’agit plus que jamais de rester un espace de dialogue et de découverte partagée.

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