Économie
L’or brun ivoirien face à l’engorgement
La chute des cours mondiaux du cacao a provoqué un blocage sans précédent dans la filière ivoirienne. Des stocks considérables s’accumulent dans les entrepôts, tandis que des milliers de producteurs attendent toujours d’être rémunérés pour leur récolte.
Dans le sud-est du pays, les entrepôts des coopératives agricoles regorgent de sacs de fèves. Ces stocks, qui devaient être écoulés vers les exportateurs, y demeurent depuis plusieurs mois, exposés à l’humidité ambiante. Pour limiter la dégradation, les gestionnaires sont contraints de sortir régulièrement les fèves pour les faire sécher au soleil, une opération coûteuse qui altère inévitablement la qualité de la marchandise. Cette situation de blocage illustre les profondes difficultés que traverse la première économie cacaoyère mondiale.
La crise trouve son origine dans l’écart croissant entre le prix garanti aux planteurs par les autorités et la valeur du cacao sur le marché international. À l’automne dernier, l’État avait fixé le prix d’achat aux producteurs à un niveau historique, aligné sur des cours mondiaux alors au plus haut. Cependant, le retour d’une production abondante au niveau global a entraîné un effondrement des cours quelques mois plus tard. Le prix ivoirien, devenu non compétitif, a brutalement freiné les exportations, laissant les intermédiaires avec des stocks invendus.
Face à cette impasse, le gouvernement a procédé début mars à une révision drastique du barème, le divisant par plus de deux. Cette décision, prise en pleine période de commercialisation, a été vécue comme un coup de force par les cultivateurs. Beaucoup d’entre eux avaient déjà livré leur récolte aux coopératives en s’attendant à être payés selon l’ancien tarif, désormais caduc. Les reçus qu’ils brandissent lors des assemblées locales attestent de ce contentieux. Le règlement de ces créances constitue désormais un défi financier majeur pour les structures coopératives, dont les caisses sont vides.
L’impasse financière pèse lourdement sur le tissu social des régions productrices. Des réunions de crise se multiplient dans les villages, où l’inquissance est palpable. Les producteurs, dont beaucoup emploient une main-d’œuvre salariée, se retrouvent dans l’incapacité d’honorer leurs propres engagements. Certains expriment ouvertement leur défiance à l’égard des institutions censées réguler la filière et garantir la stabilité des revenus. La promesse d’un fonds de sécurisation des prix, évoquée par les instances officielles, semble pour l’heure lettre morte.
Les responsables professionnels reconnaissent l’ampleur du stock résiduel, évalué à plusieurs dizaines de milliers de tonnes. Ils appellent à une solution concertée pour débloquer la situation et apaiser les tensions. L’enjeu est de taille pour un secteur qui représente une part substantielle du produit intérieur brut et fait vivre directement ou indirectement plusieurs millions d’Ivoiriens. La résolution de cette crise passera nécessairement par un rééquilibrage entre les impératifs économiques du marché et les engagements contractuels pris envers les planteurs, pilier de toute la filière.
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