Monde
Des milliers d’Espagnols marchent pour les droits des femmes et la paix
À l’occasion du 8 mars, les cortèges féministes à travers le pays ont uni la revendication d’égalité à la dénonciation des conflits internationaux, reflétant un mouvement aux préoccupations élargies.
Des foules importantes ont parcouru les artères des principales villes espagnoles ce dimanche, répondant à l’appel de la Journée internationale des droits des femmes. Les manifestants ont exprimé une double exigence, centrée sur l’égalité entre les sexes et la fin des violences faites aux femmes, tout en intégrant un ferme rejet des guerres au Moyen-Orient. Madrid, Barcelone, Valence ou Séville ont vu défiler des cortèges où se mêlaient drapeaux violets et slogans pacifistes.
Les banderoles et les chants ont illustré la convergence des luttes revendiquée par les organisatrices. Aux côtés des appels traditionnels à l’équité salariale et contre les féminicides, des inscriptions dénonçaient « la barbarie patriarcale » ou s’opposaient à « la guerre impérialiste ». Dans la capitale, l’événement a pris une forme particulière avec la tenue de deux marches distinctes mais proches, l’une mettant l’accent sur les droits des personnes transgenres, l’autre sur la régulation du travail du sexe. Plusieurs membres du gouvernement ont pris part aux défilés.
Les témoignages recueillis parmi les participantes ont souligné l’urgence de combattre les violences sexistes, un fléau encore trop souvent minimisé selon elles. Une manifestante d’origine mexicaine a pointé l’indifférence persistante d’une partie de la société, qui ne perçoit la gravité des situations qu’au travers de drames ultimes. La dimension internationale de la mobilisation a été réaffirmée par la vice-présidente seconde du gouvernement, Yolanda Díaz, qui a enjoint au mouvement féministe de s’engager contre les conflits armés et de défendre spécifiquement les femmes iraniennes.
Si les hommes étaient nombreux à Madrid, la marche organisée à Saint-Jacques-de-Compostelle était, quant à elle, réservée aux femmes. Parallèlement aux manifestations, le chef du gouvernement Pedro Sánchez a adressé un message sur les réseaux sociaux, évoquant sans la nommer la montée de l’extrême droite et réaffirmant son attachement à la défense des droits face aux discours de haine. Cette journée a ainsi confirmé la vitalité du féminisme espagnol, tout en mettant en lumière ses débats internes et son ancrage dans les enjeux géopolitiques contemporains.
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