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Le sort d’une Iranienne jugée à Paris suspendu à la décision de jeudi

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_**L’issue du procès pour apologie du terrorisme pourrait influer sur la libération de deux ressortissants français retenus en Iran, dans un contexte diplomatique extrêmement tendu.**_

Le tribunal correctionnel de Paris rendra son verdict ce jeudi dans le procès de Mahdieh Esfandiari, une ressortissante iranienne poursuivie pour apologie du terrorisme. Cette décision judiciaire est attendue avec une attention particulière, car elle pourrait avoir des répercussions directes sur le cas de Cécile Kohler et Jacques Paris, deux Français actuellement assignés à l’ambassade de France à Téhéran. Les autorités iraniennes ont en effet exprimé à plusieurs reprises leur souhait d’échanger leur compatriote contre les deux ressortissants français, une fois la procédure judiciaire achevée en France.

Lors des réquisitions prononcées le 16 janvier, le parquet avait demandé une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, assortie d’une interdiction définitive du territoire français. La magistrate avait toutefois estimé qu’une nouvelle incarcération n’était pas nécessaire, l’intéressée ayant déjà purgé huit mois de détention provisoire. Âgée de 39 ans et arrivée en France en 2018, Mahdieh Esfandiari est jugée pour des faits liés à la gestion de comptes en ligne, notamment sur la plateforme Egalité et Réconciliation, attribués à l’organisation Axe de la Résistance. Elle a reconnu être à l’origine de la chaîne du même nom, tout en contestant être l’auteure des publications litigieuses, et a défendu publiquement les attaques survenues en Israël en octobre 2023.

La défense, menée par l’avocat Nabil Boudi, plaide pour un acquittement pur et simple. Me Boudi a indiqué que sa cliente souhaitait être « blanchie » et que la question d’un éventuel échange dépendrait entièrement de la décision du tribunal. Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé fin novembre qu’un accord avait été négocié avec la France et que son exécution était subordonnée à l’aboutissement des procédures judiciaires dans les deux pays. Paris, de son côté, rappelle le principe de l’indépendance de la justice tout en prenant acte des déclarations de Téhéran.

Cécile Kohler, 41 ans, et Jacques Paris, 72 ans, avaient été arrêtés en Iran en mai 2022, puis condamnés à de lourdes peines pour espionnage. Libérés de prison début novembre 2025, ils demeurent interdits de quitter le territoire iranien et résident désormais au sein de l’ambassade de France. Le Quai d’Orsay a confirmé qu’ils se portaient bien et étaient en sécurité. Les modalités pratiques d’un échange restent toutefois floues, d’autant que la situation régionale est marquée par une forte incertitude. Les tensions internationales autour du programme nucléaire iranien et le déploiement militaire américain dans le Golfe ajoutent une dimension géopolitique complexe à ce dossier judiciaire et humanitaire.

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