Culture
Le cinéma hongkongais à l’épreuve de la censure
Le réalisateur Kiwi Chow, dont le dernier film s’est vu refuser une autorisation de diffusion, évoque les contraintes grandissantes pesant sur la création dans la région administrative spéciale.
Après une attente de plusieurs mois, le cinéaste Kiwi Chow a été informé de l’interdiction de son dernier long-métrage, « Deadline ». Les autorités compétentes ont motivé leur décision en invoquant des motifs liés à la sécurité nationale, sans fournir de précisions supplémentaires. Le réalisateur, âgé de quarante-six ans, considère cette justification comme dépourvue de fondement.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de durcissement des règles encadrant la production cinématographique à Hong Kong. Depuis l’introduction d’une législation en matière de sécurité nationale en 2020, suivie d’un renforcement des mécanismes de contrôle des films en 2021, plusieurs œuvres ont été empêchées de sortir ou ont dû être modifiées. Le Bureau de l’administration des films, journaux et articles n’a pas souhaité s’exprimer sur le cas particulier de « Deadline », un thriller tourné à Taïwan que son auteur présente comme une allégorie se déroulant dans un univers fictif.
La carrière de Kiwi Chow reflète l’évolution du paysage cinématographique local. Il s’était fait connaître en 2015 en coréalisant « Ten Years », un film à sketches dépeignant une vision dystopique de Hong Kong qui avait rencontré un écho public important. Une décennie plus tard, il constate que les marges de manœuvre se sont considérablement réduites. La pratique de l’autocensure s’est généralisée au sein de la profession, rendant quasiment impossible, selon lui, toute évocation de la réalité politique contemporaine.
Le tournage de « Deadline » a été marqué par des difficultés pratiques, aucune institution scolaire de Hong Kong n’ayant accepté d’accueillir la production. Le film a finalement été réalisé à Taïwan, où il est sorti en salles. Certains soutiens du réalisateur ayant assisté à des projections sur place ont fait état de contrôles renforcés à leur retour à Hong Kong, sans que les douanes ne commentent ces faits.
Kiwi Chow avait anticipé des conséquences sur son travail après avoir participé, de manière anonyme, à un documentaire sur les événements de 2019. Il déclare s’être mentalement préparé à des poursuites, qui ne se sont finalement pas concrétisées. En revanche, il a vu des partenaires et des financeurs se retirer, compliquant la production de ses projets.
Malgré un environnement de plus en plus restrictif, le cinéaste affirme sa volonté de continuer à créer à Hong Kong. Il évoque la possibilité d’ajuster ses méthodes de travail, en réduisant par exemple ses budgets ou en adaptant ses scénarios, mais se dit déterminé à ne pas renoncer à filmer dans la ville. Pour lui, la question centrale demeure celle des limites que les créateurs sont prêts à s’imposer ou à accepter.
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