Planète
Le Turkménistan face à l’avancée inexorable des sables

Au cœur du désert du Karakoum, les communautés locales et les autorités engagent un combat décisif pour contenir l’expansion des zones arides, un défi écologique et économique majeur pour toute l’Asie centrale.
Le village de Bokourdak, perdu à une centaine de kilomètres au nord d’Achkhabad, illustre la pression constante qu’exerce le désert sur les populations. Ses habitants, les goumly, voient depuis des années leur environnement se transformer sous l’effet de dunes mobiles qui redessinent le paysage et compliquent les conditions de vie. L’élevage traditionnel de chameaux et de moutons, pilier de l’économie locale, s’en trouve directement affecté. Face à cette progression, une stratégie de défense s’organise, fondée sur la plantation d’essences locales résistantes, comme le saxaoul, dont les racines profondes stabilisent le sol et captent l’humidité.
Cette lutte contre la désertification dépasse largement le cadre local. En Asie centrale, près d’un cinquième des terres sont considérées comme dégradées, un phénomène que les experts attribuent à la conjugaison du dérèglement climatique et de certaines pratiques humaines, telles que le surpâturage ou la déforestation. Les conséquences économiques sont lourdes, représentant selon les estimations internationales une perte annuelle équivalente à six pour cent du produit intérieur brut régional. Le Turkménistan, dont le territoire est à quatre-vingts pour cent couvert par le Karakoum, se trouve en première ligne.
Les autorités ont fait de la revégétalisation une priorité nationale, annonçant des campagnes de plantation massives sur les deux dernières décennies. Les espèces endémiques, mieux adaptées aux conditions climatiques extrêmes, sont désormais privilégiées. Des scientifiques déterminent les zones d’intervention en fonction des vents dominants, tandis que des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte sont déployés pour assurer la survie des jeunes pousses. Cette approche vise notamment à protéger la capitale, Achkhabad, régulièrement menacée par l’ensablement des axes routiers.
Cependant, l’effort se heurte à des défis croissants. L’augmentation des températures et le stress hydrique obligent à doubler les apports en eau pour les jeunes plants, rendant l’entreprise plus complexe et plus coûteuse. Pour y faire face, la recherche explore des pistes innovantes, comme l’utilisation de cyanobactéries pour fixer les dunes et améliorer la rétention d’humidité du sol. Parallèlement, une initiative diplomatique a été lancée pour proposer la création d’un centre régional de lutte contre la désertification sous l’égide des Nations unies.
Sur le terrain, des habitants se sont mués en botanistes amateurs, veillant sur des milliers d’arbrisseaux destinés à former une barrière végétale. Ils savent que le résultat de leur travail ne sera pleinement visible que dans quinze ou vingt ans, le temps nécessaire pour qu’un saxaoul atteigne sa pleine maturité. Cette bataille contre le sable, menée à la fois par les communautés, les scientifiques et les pouvoirs publics, engage l’avenir d’un pays tout entier face aux équilibres fragiles de son environnement.

MondeEn Ligne 6 joursHaïti, 2 000 soldats salvadoriens débarquent et brouillent la carte sécuritaire
PolitiqueEn Ligne 7 joursLes maires de France perdent patience avec la double casquette de David Lisnard
PolitiqueEn Ligne 5 joursLe ministre écrit aux lycéens avant la rentrée pour défendre ses annonces
PolitiqueEn Ligne 4 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
Faits DiversEn Ligne 6 joursTrois femmes accusent un gynécologue d’Ardèche de viols et de violences
PolitiqueEn Ligne 7 joursLes Insoumis changent de méthode et signent deux victoires à l’Assemblée
SportsEn Ligne 5 joursÀ 40 ans, Giroud fait basculer le derby du Nord
Faits DiversEn Ligne 3 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
















