Monde
Un influenceur somalien, faussement accusé par Washington, retrouve une gloire nationale
Ciblé par l’administration Trump pour un enlèvement d’agents français auquel il n’a pas participé, Mahad Maxamud a été expulsé des États-Unis. De retour au pays, il est célébré comme un symbole de résistance.
Les accusations étaient graves, mais se sont révélées sans fondement. Fin octobre, un communiqué de la Maison-Blanche désignait le ressortissant somalien Mahad Maxamud comme un criminel impliqué dans l’enlèvement de deux agents français à Mogadiscio en 2009. Cette déclaration, assortie d’insultes, a précipité son arrestation par les services de l’immigration américaine et son expulsion vers la Somalie en novembre. Pourtant, selon plusieurs sources sécuritaires somaliennes et françaises consultées, cet homme n’a aucun lien avec cette affaire.
Mahad Maxamud est avant tout une figure connue des réseaux sociaux dans son pays, où il compte près d’un demi-million d’abonnés sur TikTok. Son contenu, centré sur des débats sociétaux et des conflits claniques, contraste avec l’image d’un homme lié à des groupes insurgés. Il affirme avoir résidé en Afrique du Sud de 2008 à 2021, ce qui le placerait hors de Somalie au moment des faits qui lui sont reprochés. Son casier judiciaire, vierge, et les témoignages de son entourage confortent cette version.
L’enlèvement des deux agents de la DGSE, survenu en juillet 2009, avait profondément marqué les services français. Si l’un d’eux s’était échappé, l’autre, Denis Allex, avait trouvé la mort en 2013 lors d’une opération de libération. Les investigations menées depuis n’ont jamais établi de connexion avec Mahad Maxamud. Une source française au fait du dossier l’a clairement exonéré.
Son interpellation et son renvoi forcé semblent s’inscrire dans le cadre plus large de la politique migratoire du précédent gouvernement américain. Arrêté de manière musclée en mai devant son domicile du Minnesota, il a été détenu plusieurs mois avant d’être expulsé avec d’autres compatriotes. Il dénonce une injustice politique, estimant avoir servi de prétexte dans un climat où les déclarations hostiles à l’égard de la communauté somalienne se sont multipliées.
De retour à Mogadiscio après plus de quinze ans d’absence, il a été accueilli en héros. Son audience sur les plateformes numériques a explosé, ses vidéos montrant un retour triomphal étant vues par des millions d’internautes. S’il se réjouit de cet accueil, Mahad Maxamud souligne que sa popularité tient surtout au sentiment partagé qu’il a été victime d’un traitement arbitraire. Son parcours, de l’accusation infondée à la réhabilitation publique, illustre les dérives possibles lorsque la politique s’empare de dossiers sensibles sans preuves tangibles.
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