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Économie

Téhéran à l’épreuve des coupures de courant, les commerçants au bord du gouffre

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Alors que l’Iran connaît des délestages électriques récurrents, les petites entreprises de la capitale subissent de plein fouet les conséquences de ces interruptions qui paralysent leur activité et menacent leur survie économique.

Dans le nord de Téhéran, un restaurateur témoigne sous couvert d’anonymat des difficultés croissantes auxquelles font face les commerces locaux. Les coupures intempestives, souvent en pleine heure d’affluence, entraînent une chute brutale du chiffre d’affaires et complexifient la gestion des stocks. Beaucoup renoncent à s’équiper de groupes électrogènes, trop onéreux au regard de la conjoncture économique.

La situation est particulièrement critique pour les métiers de l’alimentation. Bouchers, pâtissiers et glaciers voient leurs produits périssables se détériorer rapidement en l’absence de réfrigération. Certains sont contraints de jeter des marchandises avariées, une perte sèche qui s’ajoute à l’inflation galopante et à la dépréciation du rial. Les réseaux sociaux relayent régulièrement des images de denrées alimentaires perdues, symbole d’un gaspillage qui affecte durement les petits commerces.

Au-delà des pertes matérielles, ces interruptions perturbent l’ensemble de la chaîne productive. Les commandes en ligne deviennent impraticables, les systèmes de paiement électronique tombent en panne, et le confort des clients s’en trouve nettement dégradé, notamment en période de forte chaleur où la climatisation fait défaut.

Cette crise énergétique intervient dans un contexte climatique extrême, avec des températures estivales dépassant fréquemment les quarante degrés. La demande en électricité atteint des niveaux historiques, mettant sous tension un réseau vieillissant et insuffisamment approvisionné. Les autorités ont instauré des rotations de délestage sur l’ensemble du territoire, sans parvenir à enrayer la saturation des infrastructures.

Les conséquences dépassent le seul secteur commercial. Certaines zones industrielles sont contraintes à réduire leur activité, et le gouvernement ordonne ponctuellement la fermeture des administrations pour économiser l’énergie. La pénurie d’électricité aggrave par ailleurs la crise de l’eau, les réservoirs affichant des niveaux alarmants.

Pour de nombreux observateurs, cette situation reflète les défis structurels auxquels fait face le pays, entre sanctions internationales, inflation et faiblesses infrastructurelles. Les petits commerçants, eux, tentent de s’adapter au jour le jour, dans l’attente d’une amélioration qui tarde à se concrétiser.

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