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Culture

Le « liboke » congolais entre dans le Larousse, un honneur qui divise

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L’entrée de ce mot emblématique dans le dictionnaire français suscite des réactions contrastées en RDC, entre fierté culinaire et déception culturelle.

La prochaine édition du Petit Larousse illustré intégrera en 2026 le terme « liboke », défini comme un plat de poisson ou de viande cuit dans des feuilles de bananier. Cette annonce, plutôt anodine en apparence, a provoqué un vif débat en République démocratique du Congo, où le mot revêt une signification bien plus large que sa simple dimension gastronomique.

À Kinshasa, le liboke est avant tout un symbole d’unité et de partage. Le terme, issu du lingala, désigne originellement un « petit groupe » ou un « rassemblement ». Durant l’ère Mobutu, il figurait même dans un slogan célèbre appelant à la cohésion nationale. Pour de nombreux intellectuels congolais, réduire ce concept à une simple spécialité culinaire relève d’une incompréhension profonde de sa valeur identitaire.

Dans les restaurants de la capitale, l’ambiance est cependant à la célébration. Les établissements spécialisés voient affluer les clients, ravis de voir leur plat traditionnel reconnu à l’international. « C’est une fierté pour notre culture », confie un habitué, savourant les arômes fumés du poisson frais du fleuve Congo.

Pourtant, certains observateurs regrettent que cette démarche n’ait pas été menée en collaboration avec les institutions culturelles congolaises. Ils soulignent la nécessité d’une définition plus complète, intégrant l’histoire et la philosophie du terme. « Le liboke représente bien plus qu’un met, c’est une manière d’être ensemble », insiste un universitaire local.

Si l’enthousiasme populaire semble l’emporter pour l’instant, la polémique soulève des questions plus larges sur la manière dont les cultures africaines sont représentées dans les référentiels occidentaux. L’absence de réaction des éditions Larousse à ces critiques laisse en suspens la possibilité d’une clarification future.

Entre reconnaissance internationale et préservation du sens originel, le cas du liboke illustre les défis posés par la mondialisation des patrimoines culturels. Un débat qui, au-delà des assiettes, touche à l’identité même d’une nation.

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