Monde
Une casquette, un slogan, et 2028 déjà dans toutes les têtes
À Lima, dans l’Ohio, JD Vance a retrouvé les siens le temps d’un vote, mais c’est une autre échéance qui flottait dans l’air. Sa campagne de mi-mandat…


À Lima, dans l’Ohio, JD Vance a retrouvé les siens le temps d’un vote, mais c’est une autre échéance qui flottait dans l’air. Sa campagne de mi-mandat ressemble de plus en plus à un galop d’essai pour la présidentielle.
JD Vance est rentré chez lui. À bord d’Air Force Two, l’avion vice-présidentiel, il a rejoint Cincinnati avec son épouse Usha, trois de leurs quatre enfants et leur chien Atlas. Il y a voté vendredi, à l’occasion des élections de mi-mandat. Puis direction Lima, dans l’Ohio. Dans un hangar d’aéroport pavoisé de drapeaux, après une descente d’avion mise en scène, le vice-président de 42 ans a lancé sous les acclamations « Ah, ça fait du bien de rentrer à la maison ».
Fait inhabituel pour lui, il est allé au contact. Poignées de main, tapes sur les bras, rencontres improvisées. Y compris avec une femme coiffée d’une casquette noire. Sur le tissu, un slogan qui en dit long. « Vance 2028 ».
Cette visite n’a rien d’anodin. Les Républicains jouent gros le 3 novembre. Selon les sondages, l’impopularité de Donald Trump, la guerre en Iran et l’inflation pourraient leur coûter leur majorité au Congrès. Et l’Ohio, qui a pourtant voté Trump lors des trois dernières présidentielles, figure désormais parmi les États les plus disputés. Le siège de sénateur occupé par le républicain Jon Husted est en jeu. Tout comme le poste de gouverneur que brigue l’homme d’affaires Vivek Ramaswamy, ancien candidat aux primaires républicaines de 2024.
La tension se lit dans l’agenda. JD Vance est venu quelques jours après Donald Trump, et le président de 80 ans doit repasser dans l’État la semaine prochaine. Pour le vice-président, perdre l’Ohio abîmerait sérieusement une image politique bâtie sur ses origines ouvrières, racontées dans son autobiographie à succès « Hillbilly Elegy ».
Interrogé sur le poids de l’Ohio pour la suite, il balaie l’idée d’un enjeu personnel. « Écoutez, je pense que cela n’a rien à voir avec 2028 », insiste-t-il, avant de recentrer sur le fond. « Il s’agit de la façon dont nous allons gouverner notre pays au cours des deux prochaines années, des dix prochaines années ».
Sauf que la course à la présidentielle de 2028 démarrera de fait au lendemain du scrutin. JD Vance est largement donné en tête pour succéder à Donald Trump. Aucune annonce officielle n’a été faite, et rien n’est joué. Le chef de la diplomatie Marco Rubio a assuré qu’il ne se présenterait pas contre lui. Mais son discours sur la civilisation occidentale, prononcé début octobre depuis l’Acropole d’Athènes, a été lu comme une façon de se placer.
Vance, lui, s’active. À la tête des finances du Comité national républicain, il se retrouve au cœur d’un réseau de riches donateurs. Il tente aussi de gommer l’image négative qui colle à la politique du président sortant, dont la démocrate Kamala Harris avait souffert en se lançant dans la course en 2024. Dans ses discours, il se montre plus sensible aux difficultés financières des familles américaines que Donald Trump. Il cherche encore à contrer l’accusation d’opportunisme, lui qui avait comparé Trump à Hitler avant de devenir son vice-président.
Il a aussi pris ses distances avec une autre figure clé de l’administration, le chef du Pentagone Pete Hegseth, après l’annonce de la retransmission en direct de l’exécution de l’auteur d’un attentat mortel contre des soldats américains. « J’ai vu ces annonces. Je ne sais pas si cela va se produire », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que si l’exécution devait effectivement être diffusée en direct, il ne la regarderait pas.
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