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Un village japonais cherche des habitants jusque dans l’Amazonie péruvienne

Nanmoku, commune japonaise menacée de disparition, vient de signer un jumelage avec Belen, un quartier populaire de l’Amazonie péruvienne. L’objectif est…

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Un village japonais cherche des habitants jusque dans l’Amazonie péruvienne

Nanmoku, commune japonaise menacée de disparition, vient de signer un jumelage avec Belen, un quartier populaire de l’Amazonie péruvienne. L’objectif est de faire venir des résidents de longue durée pour redonner vie à ce village très âgé.

Nanmoku est un village de montagne d’environ 1 300 habitants, situé à plus de 150 kilomètres au nord de Tokyo. Il s’étire le long d’une rue principale bordée de maisons et de commerces, dont certains sont abandonnés, entre deux montagnes boisées. Ici, 70 % des habitants ont plus de 65 ans. Un rapport va jusqu’à le décrire comme le plus menacé de disparition du Japon. La maire de Belen, Lina Arista Lopez, est venue avec une délégation. Après une semaine de visites et de rencontres, elle a signé un accord de jumelage avec Saijo Hasegawa, le maire de Nanmoku.

Belen est un quartier défavorisé d’Iquitos, dans le nord-est de l’Amazonie péruvienne. On y accède uniquement par avion. Ses plus de 60 000 habitants ont un âge moyen d’environ 27 ans. Les maisons en bois sont bâties sur pilotis pour résister aux inondations saisonnières. L’économie locale repose surtout sur le manioc, le riz et le maïs. Lina Arista Lopez explique que les jeunes sont plus enclins à partir à cause de la situation économique. La réalité y est très dure, résume-t-elle.

Wendy Sangama, 19 ans, a accompagné la délégation. Malgré la pluie, elle dit avoir aimé l’endroit dès son arrivée et se verrait bien s’y installer. Ketsi Yahuarcani, 23 ans, parle d’une visite incroyable et assure qu’elle s’installerait si elle le pouvait. Wendy Sangama reconnaît que l’éloignement serait un défi, mais estime que vivre au Japon pourrait être la meilleure option pour construire un avenir et aider sa famille restée au pays.

Le maire de Nanmoku raconte que le jumelage est né d’une rencontre fortuite avec un homme d’affaires nippo-péruvien. Avant cela, les tentatives pour convaincre de jeunes Japonais de s’installer n’avaient pas porté leurs fruits. Il veut donc élargir l’horizon du village et attirer davantage d’habitants, y compris des étrangers. Sans eux, prévient-il, les transports publics pourraient un jour cesser de fonctionner. Nanmoku enregistre environ 60 décès par an contre deux ou trois naissances. Au Japon, le vieillissement rapide et les pénuries de main-d’œuvre s’accompagnent d’une défiance renforcée envers l’immigration. La Première ministre Sanae Takaichi durcit la réglementation visant les ressortissants étrangers. Des municipalités voisines ont accepté des travailleurs étrangers, surtout des aidants, via des programmes de courte durée destinés aux travailleurs qualifiés et aux stagiaires. Saijo Hasegawa ne veut pas suivre cette voie. Il juge qu’il ne suffit pas de faire venir du personnel par une agence parce que le village manque d’effectifs. Il vise des résidents installés durablement, même si l’obtention de titres de séjour reste une inconnue.

Yuki Wanibuchi, 34 ans, venu de Kyoto il y a plusieurs années, prévient que les nouveaux arrivants devront surmonter plusieurs obstacles. La langue arrive en tête. Il rappelle qu’on ne peut pas vivre ici sans voiture et que le permis exige des compétences en japonais. Malgré cela, il trouve intéressant que des gens d’horizons différents s’installent. Hiroshi Ihara, 87 ans, a vu ses trois enfants partir vers de plus grandes villes. Il souhaite lui aussi l’arrivée de jeunes. La population japonaise baisse, dit-il, et le mieux serait que des étrangers viennent prêter main-forte au village.

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