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Un double féminicide relance le débat sur la menace masculiniste

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Le Haut Conseil à l’Égalité estime que les violences liées à cette idéologie doivent désormais être appréhendées comme une question de sécurité nationale et appelle à une réponse judiciaire d’une ampleur inédite.

L’institution consultative a publiquement exprimé son soutien à une requête visant à confier l’enquête sur Cédric Prizzon au parquet antiterroriste. L’ancien fonctionnaire de police, interpellé fin mars au Portugal, est suspecté du meurtre de deux femmes, son ex-compagne puis sa conjointe actuelle. Il avait été aperçu à plusieurs reprises lors de rassemblements aux côtés de pères se disant lésés sur les questions de garde d’enfants.

Pour la présidente du HCE, cette affaire doit provoquer une prise de conscience collective face à la propagation d’une idéologie hostile aux femmes. Elle souligne que lorsque des discours de haine se banalisent et semblent justifier le passage à l’acte violent, ils ne peuvent plus être considérés comme marginaux. Ils exigent, selon elle, une réaction des pouvoirs publics à la mesure du danger.

Le Conseil considère que l’individu s’inscrivait dans des cercles et des rhétoriques apparentés au mouvement dit des « droits des pères ». Ce courant masculiniste, structuré notamment en ligne, est décrit comme dangereux car il tend à désigner les femmes comme responsables des injustices, particulièrement dans les contentieux familiaux. Le HCE appuie ainsi la mobilisation citoyenne réclamant l’intervention de la juridiction spécialisée dans la lutte antiterroriste.

Une pétition en ce sens, lancée par une association, avait déjà recueilli plusieurs milliers de signatures jeudi après-midi, un appel relayé par d’autres organisations féministes. Dans son dernier rapport sur le sexisme, publié en début d’année, le HCE avait déjà qualifié le masculinisme d’enjeu de sécurité publique, plaidant pour l’élaboration d’une stratégie de lutte contre ces mouvances.

Cette demande intervient dans un contexte où la justice française a récemment commencé à traiter certaines formes de violence masculiniste sous l’angle de la lutte antiterroriste. À l’été 2025, un jeune homme de 18 ans, se réclamant de la mouvance « incel », avait ainsi été mis en examen par le parquet antiterroriste pour un projet d’agression au couteau contre des femmes.

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