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Un dernier jour à l’IMA sous le signe des hommages et des investigations


L’ancien ministre a prononcé lundi son discours d’adieu devant le personnel de l’Institut du monde arabe, tandis que des enquêteurs procédaient à une perquisition dans son bureau, dans le cadre d’une information judiciaire liée à l’affaire Epstein.
Jack Lang a pris congé de ses équipes dans des circonstances pour le moins singulières. Alors qu’il s’exprimait devant un parterre de collaborateurs et de personnalités, la brigade financière fouillait son bureau au neuvième étage de l’institution parisienne. L’opération s’inscrit dans une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, ouverte par le parquet national financier début février. Les investigations portent sur les liens de l’ancien ministre avec le financier américain Jeffrey Epstein, ainsi que sur une société offshore créée en 2016 et impliquée dans des transactions d’œuvres d’art.
Devant une centaine de personnes, l’ancien ministre de la Culture, âgé de quatre-vingt-six ans, a dressé le bilan de ses treize années à la présidence de l’IMA. Vêtu d’une veste noire et de baskets assorties, il a salué le travail collectif ayant permis, selon lui, de redonner son éclat à cette institution culturelle et diplomatique. « Sans vous, l’IMA n’aurait pas retrouvé son rayonnement », a-t-il déclaré, devant une assistance où figuraient notamment l’écrivain Erik Orsenna et l’historien Benjamin Stora.
Sans évoquer directement les perquisitions en cours, Jack Lang s’est dit « serein » et « confiant ». Il a affirmé se réjouir « que la justice financière se mette en branle », estimant que l’enquête démontrerait l’absence de fondement des accusations portées contre lui. « C’est une bonne chose que la justice s’empare d’un dossier qui est vide, vide, vide », a-t-il ajouté dans des propos rapportés après son allocution. Il a par ailleurs dénoncé une « campagne de calomnie et de lynchage », constituée selon lui de « mensonges, colportages, ragots et divagations ».
L’ancien ministre a rappelé que sa démission, annoncée le 7 février et qui doit être entérinée mardi par le conseil d’administration, visait à préserver « l’image » de l’Institut du monde arabe. Il a réitéré n’avoir « jamais reçu le moindre centime, personnellement, de ce monsieur Epstein ». La secrétaire générale de l’IMA, Annette Poehlmann, a pour sa part rendu hommage à son action, soulignant que sous sa présidence, la culture avait été érigée en « colonne vertébrale » de l’institution, et la diplomatie en vecteur de vision.
Fondé en 1987 et fruit d’un partenariat avec vingt-deux pays arabes, l’IMA accueille aujourd’hui près de 750 000 visiteurs par an. Jack Lang, qui était ministre de la Culture lors du lancement du projet architectural confié à Jean Nouvel, en avait pris les rênes en 2013, alors que l’institution traversait une période difficile. Dans un message écrit, l’intellectuel palestinien Elias Sanbar a salué la « véritable renaissance » de l’IMA sous sa présidence, évoquant notamment son engagement pour la cause palestinienne.





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