Monde
Un chirurgien face à l’urgence pédiatrique au Liban
Dans un hôpital beyrouthin, un médecin spécialisé en reconstruction mène une bataille incessante pour sauver les jeunes victimes des hostilités. Son récit décrit une situation sanitaire de plus en plus critique.
Depuis plusieurs semaines, le docteur Ghassan Abou Sittah enchaîne les interventions chirurgicales sans répit. Au sein de l’unité de soins intensifs pédiatriques qu’il dirige dans un établissement hospitalier de la capitale libanaise, ce chirurgien spécialiste de la reconstruction accueille des cas graves en provenance de l’ensemble du territoire. Des parents anéantis attendent, espérant que leurs enfants survivront à leurs blessures. Récemment, après un impact survenu dans le centre-ville, trois mineurs ont été extraits vivants des gravats, mais dans un état très préoccupant. Le praticien évoque notamment le cas d’une jeune fille de onze ans, atteinte par des fragments métalliques à l’abdomen et victime d’une amputation partielle du pied, dont le pronostic est désormais favorable.
Le bilan officiel ne cesse de s’alourdir. Les services médicaux font état de plusieurs centaines d’enfants blessés et de plus d’une centaine de décès. Le docteur Abou Sittah dresse une liste des traumatismes les plus fréquemment rencontrés, des membres sectionnés aux lésions cérébrales, en passant par des éclats logés au visage ou dans l’œil. Il souligne que ces lésions multiples se cumulent souvent chez un même patient, nécessitant alors une série d’opérations complexes. Il cite l’exemple de trois sœurs admises il y a une quinzaine de jours, dont les plaies exigent des interventions chirurgicales répétées toutes les quarante-huit heures pour retirer les tissus endommagés et préparer la phase de reconstruction.
Âgé de cinquante-sept ans, ce médecin de nationalité palestinienne et britannique a forgé son expérience sur de nombreux terrains de crise au Moyen-Orient. S’il qualifie ces conflits de « maladie endémique » de la région, il affirme que la souffrance des plus jeunes reste toujours aussi difficile à supporter. Pour lui, chaque enfant doit garder son identité et ne jamais se réduire à une statistique. Sa vocation est née au début des années 1990, alors qu’il était encore étudiant. Depuis, il a exercé dans plusieurs zones de guerre, de Gaza au Yémen, en passant par l’Irak et le sud du Liban. En 2023, il a lui-même frôlé la mort lors d’un bombardement sur un hôpital de l’enclave palestinienne où il se trouvait.
Aujourd’hui, il établit un parallèle entre la situation à Gaza et celle qu’il observe au Liban, évoquant une version réduite mais tout aussi dramatique de la même crise humanitaire. Si la proportion de décès y est pour l’instant moins élevée, les infrastructures de santé subissent des dommages considérables. Quatre établissements hospitaliers, dont une importante unité d’urgences pédiatriques, ont dû être évacués dans la banlieue sud de Beyrouth sous la pression des frappes. Le transfert des blessés graves depuis les zones rurales moins bien équipées vers la capitale est devenu extrêmement périlleux, les ambulances étant exposées à des tirs. Ces convois, limités à la journée, prennent un temps précieux, retardant souvent des soins vitaux.
Installé à Beyrouth depuis plusieurs années, le chirurgien a fondé en 2024 un fonds portant son nom, destiné à apporter une assistance médicale aux enfants de Gaza et du Liban. Cette initiative vise également à assurer un accompagnement global une fois les jeunes patients sortis de l’hôpital. Le docteur Abou Sittah s’inquiète particulièrement du devenir de ces enfants, dont beaucoup ont perdu leur famille et leurs repères. Son plus jeune patient, âgé de quatre ans, a survécu à un bombardement qui a coûté la vie à ses deux parents et à ses trois frères. Amputé et souffrant de traumatismes crâniens, il devra bénéficier d’un suivi médical et psychologique de longue durée. Le médecin souligne que la destruction dépasse le cadre physique et touche l’ensemble de la cellule familiale, laissant des enfants seuls et vulnérables dans un contexte socio-économique déjà très dégradé.
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