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Sabri Essid, jihadiste présumé mort, jugé pour génocide des Yazidis

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_**Le procès historique d’un jihadiste français, absent des débats, s’ouvre à Paris. Son ancienne compagne, entendue comme témoin, livre un récit glaçant et exprime ses doutes sur la mort de l’accusé.**_

L’audience de la cour d’assises de Paris se penche sur le cas de Sabri Essid, figure connue des services antiterroristes. L’homme, présumé décédé en zone de conflit, est jugé par contumace pour son implication présumée dans le génocide de la communauté yazidie. Les charges retenues évoquent une participation active à la politique d’asservissement systématique mise en œuvre par l’organisation État islamique, incluant l’acquisition et la réduction en esclavage sexuel de femmes appartenant à cette minorité.

Mercredi, le témoignage de son ancienne épouse, désignée sous le prénom d’emprunt Samia, a retenu l’attention de l’audience. Rapatriée en France et actuellement écrouée, elle s’est exprimée par visioconférence depuis son lieu de détention. Elle a déclaré ne jamais avoir cru à la mort de celui qu’elle a décrit sans ambages comme un « monstre ». Leur union, contractée en 2012, fut marquée, selon ses dires, par un isolement imposé et des violences répétées.

Après le départ de Sabri Essid pour la Syrie début 2014, elle l’y a rejoint. Elle a évoqué la vie sous l’emprise de l’EI, décrivant un conjoint souvent absent, membre des services de renseignement du groupe, et des rapports conjugaux d’une extrême brutalité. Interrogée sur sa connaissance de l’esclavage des Yazidies, elle a reconnu en avoir été informée, tout en affirmant avoir initialement refusé de croire à la participation directe de son mari à ces pratiques. Les éléments de l’instruction ont cependant établi qu’il détenait des captives dans une maison appartenant à l’organisation terroriste.

Le témoignage a pris un tour particulièrement poignant lorsqu’elle a évoqué le sort de son fils aîné. Elle a rapporté qu’en 2015, l’adolescent, alors âgé de douze ans, serait rentré d’une journée passée avec son beau-père dans un état de choc profond. Il lui aurait finalement confié avoir été contraint, sous la caméra, de participer à l’exécution d’un otage pour les besoins d’une vidéo de propagande. La disparition du jeune garçon en 2018, suivie de près par celle de Sabri Essid lui-même, a été relatée avec émotion. Plusieurs versions contradictoires de la mort du jihadiste auraient alors circulé, sans qu’aucune preuve matérielle ne vienne les étayer.

Répondant aux questions de la cour, Samia a estimé plausible que son ancien époux ait orchestré sa propre disparition, évoquant la possibilité qu’il ait pu gagner la Turquie sur ordre d’un émir pour y préparer de futures actions. Évoquant la perte de son fils, son désarroi est palpable, tiraillée entre l’impossible espoir de le retrouver vivant et l’angoisse de l’imaginer transformé par des années passées aux côtés de l’accusé. Les débats se poursuivent pour tenter de démêler le sort de cet homme dont l’ombre plane sur le procès.

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