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Pakistan-Afghanistan. L’escalade militaire franchit un seuil critique

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Le gouvernement d’Islamabad a annoncé une « guerre ouverte » contre les talibans de Kaboul, après une offensive terrestre afghane et des frappes aériennes pakistanaises de représailles, dont certaines ont visé la capitale afghane. Une confrontation directe entre les deux voisins s’installe.

Les autorités pakistanaises ont adopté un langage sans équivoque vendredi, annonçant l’ouverture des hostilités contre le régime taliban en Afghanistan. Cette déclaration fait suite à une offensive terrestre menée la veille par les forces afghanes le long de la frontière commune, à laquelle Islamabad a répondu par des frappes aériennes nocturnes. Plusieurs explosions ont été rapportées à Kaboul et à Kandahar, siège du pouvoir spirituel des talibans, selon des témoignages sur place.

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a affirmé sur les réseaux sociaux que la patience de son pays était épuisée, qualifiant la situation de « guerre ouverte ». Le Premier ministre Shehbaz Sharif a pour sa part assuré que l’armée pakistanaise possédait les moyens de contrer toute velléité agressive. Ces déclarations interviennent après que les forces afghanes eurent annoncé jeudi des « attaques massives » en représailles à des bombardements pakistanais survenus le week-end dernier. Islamabad justifiait alors ces frappes par la nécessité de cibler des camps qu’elle qualifie de terroristes.

Le porte-parole taliban, Zabihullah Mujahid, a revendiqué la prise de plusieurs avant-postes militaires pakistanais et fait état de dizaines de soldats adverses tués lors de l’offensive de jeudi. Le ministère afghan de la Défense a reconnu la perte de huit de ses hommes. En réponse aux frappes pakistanaises de vendredi, les talibans ont promis de nouvelles attaques « à grande échelle » contre des positions pakistanaises. Le ministre de l’Intérieur du Pakistan, Mohsin Naqvi, a décrit les bombardements de son pays comme une « réponse appropriée ».

Cette escalade marque un point bas dans des relations déjà extrêmement tendues depuis la prise de pouvoir des talibans à Kaboul en 2021. Les points de passage frontaliers sont largement fermés depuis des affrontements meurtriers en octobre dernier. Islamabad accuse régulièrement le régime afghan d’offrir un sanctuaire à des groupes armés menant des opérations sur son sol, une accusation systématiquement rejetée par Kaboul.

Les tentatives de médiation, notamment par le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite, n’ont jusqu’à présent pas permis d’apaiser durablement les tensions. Une brève trêve conclue en octobre a été rompue au bout de quelques jours. Les cycles de négociations successifs ont échoué à désamorcer un conflit dont l’issue semble désormais de plus en plus militaire.

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