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Économie

Nissan plonge dans le rouge sous le poids des sanctions américaines et d’un marché atone

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Le constructeur japonais affiche une perte nette de 680 millions d’euros au premier trimestre, tandis que ses ventes s’effondrent sur ses principaux marchés.

Le géant automobile nippon Nissan a publié des résultats préoccupants pour son premier trimestre fiscal. Le groupe a enregistré un déficit net de 116 milliards de yens, soit 680 millions d’euros, marquant un nouveau recul après une année 2024 déjà catastrophique. Cette contre-performance s’explique par une conjoncture défavorable, où se mêlent tensions commerciales et érosion des parts de marché.

Les chiffres d’affaires trimestriels ont chuté de près de 10% pour s’établir à 2.707 milliards de yens. Le marché nord-américain, traditionnellement porteur, a subi une contraction de 13%. Les surtaxes douanières imposées par Washington sur les importations automobiles japonaises, fixées à 25% depuis avril, ont lourdement pesé sur les marges. Bien qu’un accord récent entre le Japon et les États-Unis prévoie une réduction à 15%, le mal est déjà fait. Les livraisons aux États-Unis ont reculé de 6,5% entre avril et juin.

La situation n’est guère plus reluisante ailleurs. Au Japon, les immatriculations ont chuté de 11,1%, tandis qu’en Chine, deuxième marché mondial, la baisse atteint 27,5%. Le constructeur peine à rivaliser avec les acteurs locaux, particulièrement dans le segment des véhicules électriques où sa position reste fragile.

Ces difficultés surviennent alors que Nissan traverse une phase de restructuration drastique. Après l’échec d’un rapprochement avec Honda, le groupe a annoncé en novembre un plan visant à réduire de 20% ses capacités de production. Dix-sept usines sur vingt-sept devraient fermer d’ici 2027, avec un objectif de 20 000 suppressions d’emplois dans le monde.

Malgré ces mesures, la route vers la rentabilité s’annonce longue. Le maintien des prévisions annuelles à 12.500 milliards de yens masque une extrême prudence quant aux résultats nets, dans un environnement économique toujours incertain. Le nouveau PDG, Ivan Espinosa, nommé fin 2024 pour piloter ce redressement, a reconnu la nécessité d’accélérer les réformes. Reste à savoir si le temps jouera en sa faveur.

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