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Économie

L’Organisation mondiale du commerce tente de se réinventer

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Les négociations à Yaoundé s’orientent vers un compromis minimal, laissant en suspens plusieurs dossiers majeurs qui continuent de diviser les États membres.

Un accord de principe sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce se dessinait dimanche, au terme de la conférence ministérielle au Cameroun. Les discussions, qui se sont prolongées tard dans la nuit, ont abouti à un projet de texte jetant les bases d’un plan de travail. Ce document, consulté par l’AFP, charge les délégations d’élaborer des propositions concrètes en vue de la prochaine réunion ministérielle, dont la date et le lieu restent à déterminer. L’Arabie saoudite est pour l’instant la seule candidate pour l’accueillir.

La conclusion définitive de cet accord était toutefois suspendue à la résolution d’un différend bilatéral entre l’Inde et les États-Unis concernant les droits de douane sur le commerce électronique. Ce point illustre les difficultés persistantes de l’institution, affaiblie par les tensions géopolitiques, la montée des barrières protectionnistes et l’incapacité à moderniser son système de règlement des différends, dont l’organe d’appel est paralysé depuis 2019.

Le projet de réforme, volontairement général, ne précise pas le contenu des futures modifications. Il acte simplement la nécessité de poursuivre les réflexions sur des sujets sensibles, notamment les processus décisionnels, les règles de concurrence et le traitement accordé aux pays en développement. Parallèlement, les négociations sur la reconduction du moratoire concernant la taxation des transactions numériques ont buté sur des désaccords profonds. Un texte envisageait une prolongation de cinq ans, jusqu’en 2031, mais aucun consensus n’était acquis en milieu de journée.

Le dossier agricole, quant à lui, n’a donné lieu à aucun texte, malgré l’objectif initial de relancer des discussions techniques à Genève. Cette impasse reflète la sensibilité persistante de ces questions pour de nombreuses économies. L’ensemble de ces blocages souligne le chemin restant à parcourir pour redonner à l’OMC un rôle central dans la gouvernance du commerce mondial.

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