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Économie

L’insurrection jihadiste déstabilise le nord du Mozambique avant la relance du méga-projet gazier

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La recrudescence des attaques dans la province de Cabo Delgado coïncide avec l’imminente reprise des activités de TotalEnergies, suscitant des interrogations sur les motivations stratégiques des groupes armés.

Une vague de violence inédite secoue le sud de la province mozambicaine de Cabo Delgado, où près de 59 000 personnes ont fui leurs foyers en quelques semaines. Les assaillants, affiliés à l’organisation État islamique, ont multiplié les raids meurtriers fin juillet, exécutant plusieurs civils et semant la désorganisation parmi les populations locales. Les infrastructures d’accueil, saturées, peinent à répondre aux besoins essentiels des déplacés, contraints pour certains de dormir à même le sol.

Cette offensive marque un changement de tactique. Habituellement actifs plus au nord, près des zones stratégiques du projet gazier de TotalEnergies, les insurgés ont profité d’un relâchement sécuritaire pour s’infiltrer dans des districts moins protégés. Selon des observateurs, leur objectif pourrait être de disperser les forces gouvernementales et rwandaises déployées dans la région, affaiblissant ainsi leur dispositif de défense. Les troupes rwandaises, pourtant basées à proximité, ne sont pas intervenues, laissant les assaillants opérer en toute impunité pendant près de dix jours.

La coïncidence avec l’annonce du retour imminent de TotalEnergies interroge. Le géant français prévoit en effet de relancer ses activités d’ici la fin de l’été, après trois ans d’interruption consécutive à l’attaque de Palma en 2021. Ce projet pharaonique, évalué à 20 milliards de dollars, doit propulver le Mozambique parmi les principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel. Dans le même temps, les jihadistes ont intensifié leur propagande, consacrant des publications entières à leurs actions dans la région.

Si les motivations exactes des insurgés restent difficiles à établir, leur capacité à déstabiliser une zone économiquement cruciale ne fait aucun doute. Les autorités mozambicaines et leurs alliés se retrouvent face à un dilemme complexe : sécuriser les installations gazières tout en protégeant les civils, pris en étau dans un conflit dont l’issue demeure incertaine.

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