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L’Europe face au veto hongrois sur le financement de Kiev

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Le sommet européen de jeudi s’annonce comme une nouvelle confrontation avec Viktor Orban, qui conditionne son feu vert à un prêt crucial pour l’Ukraine à la réouverture d’un oléoduc russe.

Les dirigeants des Vingt-Sept se retrouvent ce jeudi à Bruxelles dans un contexte de tensions renouvelées. L’ordre du jour est une nouvelle fois dominé par l’opposition du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, à la mise en œuvre d’une aide financière substantielle destinée à Kiev. Ce prêt, d’un montant de 90 milliards d’euros, avait pourtant reçu un accord de principe en décembre dernier, la Hongrie s’étant alors exemptée, avec d’autres capitales, de sa contribution.

La position de Budapest a depuis radicalement changé. Le chef du gouvernement hongrois lie désormais explicitement son accord à la reprise des livraisons de pétrole russe via l’oléoduc Droujba, dont le tracé traverse l’Ukraine. Cet axe énergétique, endommagé fin janvier, fait l’objet, selon les autorités hongroises, d’un retard injustifié dans sa remise en service de la part de Kiev. La formule employée par Viktor Orban cette semaine a été sans ambiguïté, laissant entendre qu’aucun déblocage de fonds ne serait possible sans une résolution préalable de cette question.

Cette posture suscite une irritation croissante parmi les partenaires européens de la Hongrie. Plusieurs ministres et diplomates ont récemment exprimé leur incompréhension face à des blocages systématiques qu’ils estiment contraires aux intérêts de sécurité collective du continent. En coulisses, des tentatives de compromis ont été esquissées, incluant notamment une assistance technique pour accélérer les travaux sur l’infrastructure pétrolière, mais elles sont restées sans effet sur la position hongroise.

Les observateurs relient fermement cette intransigeance au calendrier politique intérieur. À quelques semaines d’élections législatives cruciales dans son pays, le dirigeant hongrois, en campagne pour un nouveau mandat, semble instrumentaliser ce dossier sur la scène internationale. Son discours nationaliste s’est durci, accusant régulièrement l’Ukraine de chercher à entraîner la Hongrie dans le conflit. Cette rhétorique s’accompagne d’une communication agressive visant les autorités de Kiev, visible à travers une affichage public controversé.

Malgré l’urgence affichée, une issue immédiate au sommet n’apparaît pas comme une condition absolue. Selon plusieurs sources européennes, l’Ukraine dispose d’une marge de manœuvre financière lui permettant de tenir jusqu’au mois de mai, soit après la tenue du scrutin en Hongrie. Certains capitalisent sur l’hypothèse qu’une fois l’échéance électorale passée, les motivations du blocage pourraient s’estomper, ouvrant la voie à un dénouement. Pour l’heure, l’Union européenne se prépare à une nouvelle séquence de négociations laborieuses, où la solidarité avec Kiev continue de se heurter aux calculs politiques d’un de ses membres.

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