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Le retour des géants blancs des cimes kirghizes

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_**Dans les hauts plateaux d’Asie centrale, une lignée d’éleveurs a donné naissance à un troupeau unique de yaks à la robe immaculée. Cette initiative incarne la revitalisation d’un patrimoine pastoral face aux défis environnementaux.**_

Au cœur des montagnes kirghizes, là où l’hiver impose son règne, se déplace une vision presque fantomatique. Un troupeau de yaks d’une blancheur singulière se fond et se défait dans l’immensité neigeuse. Cette race particulière est le fruit du travail opiniâtre de la famille Akmatov, dont l’ambition dépasse la simple conservation. Elle représente un chapitre dans la réhabilitation de l’élevage de ces bovidés robustes, un secteur en perte de vitesse après la dislocation de l’Union soviétique mais aujourd’hui en nette progression.

Le cheptel national a connu une croissance significative, dépassant désormais les soixante mille têtes. Cette renaissance est soutenue par les autorités, qui voient dans le yak un atout pour les territoires d’altitude. L’animal, parfaitement acclimaté aux rigueurs climatiques, nécessite peu d’interventions et valorise des pâturages souvent impropres à d’autres espèces. Sa présence contribue ainsi à atténuer la pression sur les terres agricoles plus basses, soumises à une dégradation préoccupante.

À près de trois mille mètres, Amantour Akmatov veille sur l’héritage familial. Le jeune berger monte la garde contre les prédateurs, tandis que son père et son grand-père supervisent la sélection méticuleuse du bétail. Leur objectif est clair, obtenir une reconnaissance officielle pour cette souche à la robe claire, réputée pour la qualité de sa laine et sa résistance. Le patriarche, Tachtanbek Akmatov, figure respectée de l’ère soviétique pour ses travaux sur l’élevage ovin, a transposé son savoir-faire à ces géants des montagnes.

La démarche des Akmatov s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’adaptation aux changements en cours. Les organismes internationaux soulignent la nécessité de préserver les races locales, dotées de capacités uniques à survivre dans des conditions extrêmes. La famille espère que ses yaks blancs, dont les spécificités font l’objet d’études, pourront à terme être valorisés au-delà des frontières nationales. Leur aventure est celle d’une reconquête discrète, menée pas à pas dans le silence des hauts plateaux, où la tradition pastorale tente de se réinventer pour l’avenir.

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