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Le patrimoine antique de Tyr, dernier rempart face aux frappes

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_**Au sud du Liban, les vestiges millénaires de la cité phénicienne subissent les effets des hostilités, malgré les symboles de protection déployés par la communauté internationale.**_

Sur le site archéologique d’Al-Bass, un panneau arborant l’emblème de l’Unesco se dresse au milieu des ruines. Ce signe distinctif, associé à la convention de La Haye de 1954, constitue l’unique protection formelle pour ces témoins du passé, situés à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne. La ville de Tyr, l’un des plus anciens foyers de la Méditerranée, a été touchée à plusieurs reprises depuis la reprise des affrontements.

L’initiative dite des « Boucliers bleus », liée à l’Unesco, concerne une trentaine de lieux au Liban. Elle vise à rappeler l’obligation de préserver les biens culturels en période de conflit armé. Début mars, une frappe aérienne s’est produite à proximité immédiate de poteries anciennes, causant la mort de huit civils. Leur habitation, réduite à un tas de décombres, se trouvait à côté d’un véhicule calciné.

Les riverains pensaient que la classification au patrimoine mondial mettrait les lieux à l’abri, relate le directeur des fouilles archéologiques pour la région sud. Lors de l’inspection des dégâts éventuels sur les monuments, des restes humains ont été découverts sur le toit du musée en construction. L’édifice a subi des bris de vitres, mais la nécropole des IIe et IIIe siècles, l’arc de triomphe, les aqueducs et l’hippodrome romain sont pour l’heure épargnés.

De nombreux habitants ont quitté les lieux après les appels à l’évacuation, mais plusieurs milliers de personnes sont restées, aux côtés des combattants et des vestiges historiques. Le ministre de la Culture a dénoncé ces atteintes, affirmant qu’aucune présence militaire ne justifiait de cibler ces sites. L’armée israélienne, qui affirme viser le Hezbollah, n’a pas commenté ces allégations.

Les archéologues doivent à présent examiner les structures anciennes pour détecter d’éventuelles fissures causées par les ondes de choc. La question du déplacement des objets de valeur se pose, mais les dépôts de la capitale sont saturés et le transport depuis le sud du pays reste périlleux, même sous escorte. Lors du précédent épisode conflictuel, des pièces d’or, des amphores et des sarcophages avaient été transférés à Beyrouth, où ils se trouvent toujours.

Les environs de Tyr avaient déjà été touchés par le passé, et une forteresse médiévale de la zone frontalière a été partiellement détruite. Le directeur des fouilles exprime un certain scepticisme, estimant que la localisation précise des sites est connue et que les expériences passées n’ont pas empêché leur endommagement. Un gardien présent lors du bombardement raconte avoir entendu une violente détonation avant de prendre la fuite. Il lance un appel pour que des pressions soient exercées afin de mettre un terme à ces destinations, soulignant que cette civilisation incarne une histoire universelle.

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